Et si le nouvel animal de compagnie tendance était le vers de terre ? Ces charmantes petites bêtes gluantes qui se tortillent sans que l’on sache vraiment si cela part de la tête ou de l’arrière-train sont déjà dans nos jardins. Plus nombreux que les fourmis, les vers de terre représentent la première biomasse du sol. Ils sont un maillon indispensable de la chaîne alimentaire et les garants de la fertilité des sols, que nous exploitons pour nous nourrir. Nos lointains ancêtres n’étaient d’ailleurs pas si ingrats à leur égard. À l’Antiquité, les Grecs respectaient les vers de terre, bien conscients de leur rôle vital d’« intestins de la terre », comme le disait Aristote (384-322 avant notre ère). En Égypte, ils étaient considérés comme des animaux sacrés ; Cléopâtre aurait même édicté une loi interdisant de les exporter. C’est au XVIIIe siècle que cela se gâte et qu’on les imagine ces « nuisibles » armés de dents acérés pour manger les racines des plantes.
Aujourd’hui et dans les années à venir, ils pourraient bien faire leur entrée dans nos maisons et sur nos terrasses. Pas besoin de leur acheter des croquettes ni de leur fabriquer une petite niche, vos déchets organiques et un lombricomposteur feront l’affaire. Et en plus, ils sauront se montrer reconnaissants en vous fournissant de quoi avoir les plus beaux géraniums de tout le quartier : 10 kg de compost totalement naturel tous les trois mois et jusqu’à un litre d’engrais liquide par jour.
Les déchets compostables représentent près de 40% de nos poubelles. Dans les campagnes, on pratique le compost depuis toujours, mais en ville, c’est bien entendu moins pratique. Vivant en appartement, j’ai pour l’instant opté pour la solution stockage et délestage quasi-hebdomadaire chez mes parents. Mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir un tas de compost accueillant et pas trop éloigné ! Les vers de terre peuvent alors avantageusement remplacer les parents. Le lombricomposteur se présente sous la forme de bacs empilés (70 cm de haut et 50 cm de diamètre) : on verse ses déchets au troisième étage, les vers travaillent dur au second, le lombricompost est stocké au premier, et l’engrais liquide au rez-de-chaussée. Les vers mangent tout ce qui est organique : épluchures de fruits et de légumes, marc de café et le filtre, sachets de thé (sans agrafe !), cheveux et poils d’animaux. Ils sont aussi friands des matières carboniques, telles que le papier et le carton, les coquilles d’œufs, la sciure. Il faut par contre éviter les protéines animales.
Contrairement au compostage traditionnel (le tas dans le jardin), recycler ses déchets dans un lombricomposteur ne nécessite ni arrosage ni retournement : ce sont les vers qui font tout le boulot. Ils pensent même à supprimer les odeurs de décomposition des déchets en les digérant, grâce aux enzymes de leur intestin.
Quand je vous dis que ces petites bêtes repoussantes sauront se faire aimer…
Pour aller plus loin : http://www.verslaterre.fr/
12 mars 2007
12 mars 2007 at 14:33
Je suis d’accord. Enfin c’est pas donné-donné le can-o-worms, mais ca peut valoir le coup. Y a un comité de soutien pour les vers qui ont le malheur de sortir après l’ondée et qui se retrouvent tout-frit-tout-plat au 1er rayon de soleil ? C’est un probleme ca aussi !!!
12 mars 2007 at 15:18
Près de 180€ le lombricomposteur, ça fait un investissement assez important en effet, et à part avec l’engrais (ce qui coûte cher dans le commerce), on ne peut pas vraiment parler d’amortissement. C’est un pur geste d’écolo aisé… Je me demande s’il ne serait pas possible de se le fabriquer soi-même en allant à la chasse aux vers, voire en achetant juste les vers (50€ les 500g, soit environ 2000 vers, c’est déjà un peu moins cher).
Par ailleurs, je viens de voir que le Sictom de Pézenas-Agde (85000 habitants sur une quarantaine de communes dans l’Hérault)proposera aux foyers du secteur de s’équiper gratuitement d’un composteur ou d’un lombricomposteur Can-O-Worms. Une idée qui mériterait d’être étendue puisque de toute façon, les structures chargées de la collecte et du traitement des ordures ménagères feraient des économies en réduisant nettement le volume des déchets.
Dernière piste de réflexion : et si on payait la taxe d’enlèvement des ordures ménagères en fonction de notre poids de déchets ? C’est ce que fait Dany Dietmann, maire de Manspach, dans sa communauté de communes et cela semble plutôt bien marcher.
On pourrait alors vraiment penser en termes d’investissement et d’amortissement pour le lombricomposteur.
Quant au comité de soutien, on se fait une p’tite réunion et on y réfléchit