Ce n’est pas l’instituion la plus préoccupée par l’écologie, loin s’en faut, elle préfère habituellement se laisser compter fleurette par les sirènes de la croissance. Et pourtant…
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est préoccupée par l’essor des agrocarburants – ou biocarburants, le terme agrocarburants évite l’amalgame avec l’agriculture biologique – et appelle les pays membres à suspendre les subventions accordées à ces cultures. « L’actuelle incitation à développer l’utilisation des agrocarburants crée des tensions non viables qui vont disloquer les marchés sans générer de bénéfices environnementaux substantiels », indique le rapport publié hier.
« En théorie, il y a assez de terres sur le globe pour nourrir une population en expansion tout en produisant suffisamment de biomasse, mais la transformation des terres pour la production d’énergie à partir de la biomasse poussera les prix alimentaires vers le haut », explique le rapport. L’OCDE prévoit une augmentation des prix des céréales, et de tous les produits dérivés – y compris la viande, puisqu’il faut bien des céréales pour nourrir les bêtes – de 20% à 50% dans les dix prochaines années. Cela devrait aussi induire une forte pression supplémentaire sur le prix de l’eau.
Pour le bulletin de santé de notre planète, ce n’est pas fameux non plus : forêts, zones humides, patûrages… ces écosystèmes risquent forts de devoir faire la place aux centaines d’hectares en monocultures destinées à la production d’agrocarburants. Les défenseurs des agrocarburants mettent en avant les réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES), jusqu’à 40 %. Mais c’est une vision plus que restreinte : les problème environnementaux ne se limitent malheureusement pas aux GES. Acidification des sols, pollution par les engrais et pesticides (d’ailleurs, comment réglementer les pesticides et engrais autorisés sur des produits non destinés à l consommation humaine et animale ? quelles normes adopter ?), atteintes à la biodiversité… Selon le rapport, les biocarburants ne contribueraient concrètement à la réduction des émissions de CO2 qu’à hauteur de 3 % au mieux. Aujourd’hui, les Etats-Unis consacrent 7 milliards de dollars (5 milliards d’euros) par an aux agrocarburants, et il leur en coûte environ 500 dollars pour empêcher l’émission d’une tonne de gaz carbonique en utilisant de l’éthanol à base de maïs à la place du pétrole. Une véritable hérésie économique et écologique, sauf bien sûr pour les producteurs et pour les industriels impliqués dans cette voie.
L’OCDE conclut sur plusieurs propositions. Elle demande d’abord aux états membres de penser à des politiques plus neutres basées sur la création de taxes sur les émissions de carbone. Elle propose ensuite que l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’OCDE, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Banque mondiale poursuivent leurs études en commun sur les conséquences actuelles et futures de la production d’agrocarburants. Revenant à des considérations plus économiques (c’est l’OCDE quand même !) elle suggère enfin que l’Organisation mondiale du commerce réduise les droits de douane sur les agrocarburants, afin de permettre aux pays en développement de tirer parti de conditions climatiques plus favorables à leur production.
«Le litre d’essence économisé parce qu’une personne marche, utilise son vélo, fait du co-voiturage ou règle plus souvent son moteur est un vrai litre d’essence. Il s’obtient à coût bien plus faible qu’en subventionnant de nouvelles sources d’approvisionnement inefficaces.» Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’OCDE, alors si l’OCDE le dit…
Pour aller plus loin : le rapport.
13 septembre 2007 at 14:51
Pour un déplacement, mieux vaut prendre ses jambes, ses rollers, sa trottinette, son vélo, le bus, le tramway, le métro, le train mais dans la mesure du possible éviter la voiture.
Et je citerai Jean Boyer pour continuer ce poste en chanson. C’est très sympa à fredonner sur son vélo pour aller au boulot.
Pour me rendre à mon bureau alors j’achète un vélo
Un très joli tout nickelé avec une chaîne et deux clefs.
Monté sur des pneus tous neufs je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois d’avoir un vélo à moi.
J’en ai eu coup sur coup une douzaine
On me les volait périodiquement.
Comme chacun d’eux valait le prix d’une Citroën
Je fus ruiné très rapidement.
Pour me rendre à mon bureau alors j’ai pris le métro
Ça ne coûte pas très cher et il y fait chaud l’hiver.
Alma, Iéna et Marbœuf je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Hélas par économie de lumière
On a fermé bien des stations.
Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière
Qu’on supprima sans rémission.
Pour me rendre à mon bureau j’ai mis deux bons godillots
Et j’ai fait quatre fois par jour le trajet à pied aller-retour.
Les Tuileries, le Pont Neuf je me gonflais comme un bœuf,
Fier de souffrir de mes corps pour un si joli décor.
Hélas, bientôt, je n’aurai plus de godasses,
Le cordonnier ne ressemelle plus.
Mais en homme prudent et perspicace
Pour l’avenir j’ai tout prévu.
Je vais apprendre demain à me tenir sur les mains
J’irai pas très vite bien sûr mais je n’userai plus de chaussures.
Je verrai le monde de bas en haut c’est peut-être plus rigolo.
Je n’y perdrai rien par surcroît:
Il est pas drôle à l’endroit.