Savez-vous que la Terre se refroidit ? Non, je ne me moque pas de vous. Et ceci est bien loin d’être rassurant… On sous-estimerait la part du refroidissement – dû à un obscurcissement du ciel – dans le réchauffement climatique.
Ceux d’entre vous qui ont suivi le passionnant documentaire britannique intitulé Dans l’ombre du ciel, diffusé lundi 24 septembre sur Arte savent tout ou presque du sujet. Pour les autres, je vous propose une session de rattrapage.
Le phénomène est dû à de minuscules particules de suie, de cendre et de dioxyde de soufre que l’on retrouve en suspension sur trois kilomètres d’épaisseur dans notre haute atmosphère. Elles réfléchissent les rayons du soleil, et ont tendance à fixer les particules d’eau et donc à former des nuages, ce qui renforce l’effet miroir.
Le biologiste anglais Gérald Stanhill est le premier à s’être penché sur le problème. Dans les années 60, il décide de mesurer l’ensoleillement en Israël. Trente ans plus tard, il constate que cet ensoleillement a diminué de 22 %. Ses travaux ne sont pas sérieusement pris en compte : on lui rétorquait que la température aurait dû diminuer en proportion, ce qui n’était nullement le cas. Ailleurs, d’autres chercheurs aboutissent à des conclusions comparables. Le fait est donc établi : entre les années 1950 et le début des années 1990, le rayonnement solaire a diminué de 10 % aux Etats-Unis, et de presque 30 % en Russie. Les pays occidentaux, les plus pollués, et les pays qui se développent vitesse grand V (Inde, Chine) sont les plus concernés.
D’un côté, les gaz à effet de serre font augmenter la température, de l’autre ces particules, en réduisant l’ensoleillement, la réduisent. En d’autres termes, l’augmentation générale de la température serait beaucoup plus forte sans ce nuage de pollution, créé par les voitures, les usines et les avions, qui réduit, sur de vastes surfaces du globe, l’effet du rayonnement solaire.
« On croyait vivre dans un monde qui se réchauffait, mais c’était faux. On vit dans un monde qui se réchauffe et qui s’obscurcit. Maintenant qu’on réduit l’obscurcissement, il ne va plus rester que le réchauffement, et il sera bien plus fort qu’on ne le pensait », affirme la climatologue allemande Beate Liepert.
c’est la permière partie du docu, en anglais, les suivantes sont là, là, et là.
Sur Arte, le documentaire sera rediffusé vendredi 28/09 à 15h10, vendredi 12/10 à 14 heures et jeudi 18/10 à 14 heures.
Il est aussi disponible pour 2,99 € sur ArteVOD
27 septembre 2007 at 11:50
C’est vrai, ce documentaire était passionnant. La situation, c’est qu’on réduit de plus en plus l’émission de particules en suspension , comme avec les filtres à particules sur les voitures, ce qui est une très bonne chose. Mais du coup, on va découvrir le vrai visage du réchauffement climatique et là, ça va chauffer dans les bermudas ! Diminuons donc au maximum nos émissions à la fois de particules mais aussi et surtout de gaz à effet de serre pour éviter que Lille devienne un désert (certaines images du documentaire faisaient un peu l’effet d’un film de science-fiction avec un catastrophisme poussé à l’extrême, seul reproche possible à ce docu). ça chauffe, ça chauffe !
27 septembre 2007 at 18:13
Je n’ai pas eu la chance de mater encore ce reportage mais je vais m’y atteler! Mais des questions me turlupines : ces faits sont-ils pris en compte dans les différentes prévisions calculées par les institutions compétentes? Les rapports de l’ONU entre autres en font-ils état?
27 septembre 2007 at 18:19
Justement, le problème vient apparemment du fait que l’obscurcissement, et donc le refroidissement, n’est pas suffisamment pris en compte dans les prévisions concernant le réchauffement climatique global.
Cet obscurcissement nous protègerait en quelque sorte du réchauffement.
Les pays les plus industrialisés sont les plus pollués, donc les plus “protégés”… On peut donc légitimement se demander si les pays du Sud ne vont pas casquer plus que nous par rapport au réchauffement climatique…
27 septembre 2007 at 22:10
C’est vrai, ce documentaire était très interessant il permet de découvrir un nouvel effet, positif ou négatif? de la pollution. Cependant ce documentaire semble unique en son genre, sauriez vous s’il existe d’autres sources: livres, articles de presse… abordant ce sujet? merci
27 septembre 2007 at 22:26
j’ai fait quelques brèves recherches et je n’ai moi non plus pas trouvé énormément de sources n’ayant pas elles-mêmes pour source ce docu !
quelques liens tout de même, qui me paraissent les plus fiables :
http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/4171591.stm
http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2005/05/20050506-112211.html
http://www.bbc.co.uk/sn/tvradio/programmes/horizon/dimming_trans.shtml
Et aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Obscurcissement_global (attention, c’est Wikipédia… )
Les références des publications des chercheurs :
* Stanhill, G. & Cohen, S. 2001. Global Dimming: a review of the evidence for a widespread and significant reduction in global radiation with discussion of its probable causes and possible agricultural consequences. Agricultural and Forest Meteorology 107, 255-278.
* Roderick, Michael L. and Graham D. Farquhar, 2002. The cause of decreased pan evaporation over the past 50 years. Science Vol. 298, No 5597, pp. 1410-1411, November 15, 2002.
* Wild, M et al.; 2005, Science 6 May 2005; 308: 847-850
* Pinker, et al.; 2005, Science 308: 850-854
* Wong T. et al.; (2006), J. Climate, 19, 4028-4040.
27 septembre 2007 at 22:34
et j’ai oublié ce lien plus complet sur le documentaire : http://www.pbs.org/wgbh/nova/sun/
27 septembre 2007 at 23:37
dernière précision pour ce soir : vous pouvez trouver le documentaire en tapant “BBC global dimming” sur You tube. c’est en quatre parties… et en anglais.
Si vous le regardez, comme le faisait remarquer Sam, il ne faut pas se laisser prendre par les images de synthèse alarmistes, c’est un documentaire typiquement anglo-saxon. Ce qui n’enlève rien à la qualité des infos qu’il contient.