La production d’un litre de carburant issu de l’agriculture peut avoir un impact jusqu’à deux fois plus important sur l’effet de serre que la combustion de la même quantité de combustible fossile. Ce sont les résultats des travaux de recherche menés par Paul Crutzen – prix Nobel de chimie en 1995, pour ses travaux sur la dégradation de la couche d’ozone stratosphérique – publiés dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions.
Lorsqu’un agrocarburant se consume, selon la règle « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », il ne relâche dans l’atmosphère que le carbone absorbé par la plante lors de sa croissance. Mais cette même croissance, dans le cadre d’une agriculture intensive, aura émis énormément de protoxyde d’azote (N20), un gaz qui, pour une même quantité, participe 296 fois plus à l’effet de serre que le dioxyde de carbone (CO2). Le protoxyde d’azote provient de la dégradation des engrais azotés par les sols.
La combustion de biodiesel issu du colza (80 % de la production européenne de cet agrocarburant) contribue ainsi 1 à 1,7 fois plus au réchauffement que l’utilisation d’une énergie fossile en quantité équivalente.
Suite aux travaux de Crutzen, David Reay, de l’université d’Édimbourg, a fait ses petits calculs : si le Sénat américain persiste à vouloir multiplier par sept la production d’éthanol à base de maïs d’ici à 2022, cela provoquera une hausse des émissions de gaz à effet de serre liées au transport de 6%.
30 septembre 2007 at 10:10
J’ai eu des retombées de cette infos aussi derniérement, mais ca me turlupine un peu. Des recherches sont-elles aussi faites concernant les pollutions engendrées par le retrait, le transport, la transformation des énergies fossiles en carburant utilisable par tous? Car quand on voit la quantité d’énergie necessaire pour extraire du pétrole, je me dit qu’elle est certainement bien plus importante et polluante qu’une agriculture dopée… (Sans parler des extractions à ciel ouvert comme en Alska par exemple) Si cela s’avére être le cas, alors la “découverte” de Paul Crutzen serait à relativiser.
4 octobre 2007 at 10:09
Si je me rappelle bien de mes cours à l’école, il me semble qu’il faut 1,2 TEP pour fabriquer 1 TEP d’essence … à vérifier…
A+
Entalpie
5 octobre 2007 at 10:00
Cela concerne les agrocarburants à base de maïs ou de colza. Je crois que ceux à base de canne à sucre comme l’éthanol brésilien sont beaucoup plus “rentable” pour l’écologie ?
25 octobre 2007 at 22:57
Sauf que s’il le bioarburant est réellement bio, c’est à dire utilisé en huile végétale pure, sans addition de fuel, alors là l’équation devient réellement intéressante. J’ai quelques articles en stocks là dessus, ke les cherche.
21 novembre 2007 at 10:27
Hello,
merci pour cet excellent article.
les biocarburants ne sont pas la mine écolo que l’on supposait. En outre ils causent une large déforestation et annihile des biotopes entiers. Pourtants ces biocarburants sont en pleine expension…
12 décembre 2007 at 15:38
Merci pour ces infos que je transmettrai !
Et arrêtons de dire biocarburants, ça inuit en erreur, ça alimente la confusion. Disons plutôt : agrocarburants (car ils n’ont rien, mais alors vraiment rien de bio…)
17 décembre 2007 at 17:47
Non seulement les agrocarburant consomment autant d’énergie fossile qu’ils n’en remplacent (pétrole, charbon) en Europe et aux Etats-Unis, mais ile produisent encore plus de CO2 que le Co2 sensé être économisé lorsque le rendement est important (Brésil, Indonésie) car la déforestation augmente de façon considérable les émissions de CO2 dans ces pays.
La déforestation produit autant de CO2 que tous les combustibles fossiles utilisés pour la production d’électricité dans le monde, de 17 à 18% des gaz à effet de serre.
Lire ceci : http://futura24.site.voila.fr/electri/nucle_co2.htm
Aux Etats-Unis, les agrocarburants sont produits à partir du maïs (qui épuise les ressources en eau) en utilisant le charbon dans les usines de transformation, entraînant en plus une forte pollution.