Dans deux mois, Matyas repartira chez les Sàmis, dans le Grand Nord. Il prépare activement son expédition, et se replonge dans ses photos de cet été…

// photo © Matyas Lebrun //

// photo © Matyas Lebrun //

La place de l’enfant dans la communauté sàmi est très spéciale. Loin de toute notion stricte d’éducation, l’enfant est respecté dans son entière expression. Pour les Sàmis qui vivent pleinement leur culture, la relation des enfants aux parents est très complice, l’écoute est de mise, ils s’entraident beaucoup et ont peu de tabous. Chez les éleveurs de rennes, les enfants reprennent le troupeau des parents et partagent ainsi les tâches. Un vieux sàmi m’a un jour confié que les parents sàmis haussent très peu la voix sur leurs enfants : s’ils ne veulent pas aller se coucher c’est leur affaire, s’ils ne veulent pas manger, ils ne mangent pas. La simplicité de ces rapports n’a d’égal que l’écoute et le respect mutuel entre les parents et les enfants.

J’ai aussi remarqué que les enfants grandissent dans un cadre idyllique avec une nourriture saine, ce qui les éloigne de toute nervosité infantile telle qu’on peut l’observer dans nos pays industrialisés. À l’heure où la vision de l’enfant-roi issu de la révolution 68, prôné par la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto, est remise en cause en France, les Sàmis nous permettent de réfléchir sur nos propres comportements. Est-ce les enfants qui doivent s’adapter aux parents où les parents qui doivent s’adapter aux enfants ?

[ Un article paru le 30 octobre ’08, dans la newsletter quotidienne d’ActuEL-HSE. Vous pouvez l’y retrouver dans sa totalité. ]

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La filière de collecte et de valorisation des pneus continue à s’organiser, pour éviter les dérapages d’il y a quelques années, qui ont conduit aux accumulations des stocks dits historiques ou orphelins. Le 22 octobre 2008, une charte de reprise des pneumatiques usagés en déchetterie a été signée entre Aliapur, l’organisme collecteur financé par les producteurs, l’association des maires de France (AMF), le cercle national du recyclage, et l’association Amorce, qui regroupe collectivités et professionnels pour accompagner notamment la gestion des déchets. La charte prévoit l’enlèvement gratuit des pneus récupérés par les déchetteries,  au-delà des quotas annuels.

Des quotas en fonction de la production

Même si cela ne représente que 3% de l’ensemble de la filière de revalorisation des pneus, Aliapur en collecte plus de 7 000 tonnes dans les déchetteries gérées par les collectivités territoriales. Un enlèvement gratuit qui est soumis à des quotas, indexés sur les quantités mises sur le marché par le producteur l’année précédente. Chaque automne, les quotas sont dépassés ; les collectivités se retrouvent avec des pneumatiques dont elles ne savent que faire, bien souvent stockés dans de mauvaises conditions. « Et s’ils veulent les passer sur l’année suivante, ce n’est pas possible car les pneus sont alors craquelés et donc dévalués ; il ne rentrent plus dans le cadre de la reprise gratuite », explique Jonathan Decottignies, du cercle national du recyclage.

Le premier chantier de Recyvalor est en cours

C’est Recyvalor, association rassemblant autour de l’État, les manufacturiers, les organisations professionnelles et des associations, qui doit, depuis quelques mois, organiser la collecte des stocks orphelins, plus ou moins importants. En 6 à 8 ans, 60 000 tonnes, réparties sur une soixantaine de sites, doivent être évacuées. Le premier chantier est en cours à Graulhet, dans le Tarn. Les 1 572 tonnes de pneumatiques abandonnés, stockés dans et autour d’une usine désaffectée, à l’entrée de la ville, devraient disparaître d’ici mi-décembre. Coût total de l’opération : 400 000 euros, pris en charge par Recyvalor et la ville. Désormais, collectivités et professionnels préfèrent fixer des règles du jeu claires, pour éviter ces chantiers financièrement lourds.

Le temps me glisse entre les touches du clavier pour venir tapoter sur Reporterre ces jours-ci, et cela ne devrait pas s’arranger avant le mois prochain.

//photo © élodie touret //

//photo © élodie touret //

Parmi mes travaux en cours ou publiés qui peuvent intéresser par ici, un article chez ActuEL-HSE sur les filières de valorisation des pneus usagés, et d’importantes fiches de synthèse sur les grands enjeux environnementaux sur Goodplanet.info.

Je vous en mets quelques extraits dans des posts à suivre…

Et on poursuit bien-entendu le rdv hebdo avec Matyas et ses photos, en retard par ma faute cette semaine.

Le rendez-vous hebdomadaire avec Matyas.

// photo © Matyas Lebrun //

// photo © Matyas Lebrun //

Qui ne se souvient d’avoir déjà joué aux cow-boys et aux Indiens ? Bien loin de nos jeux d’enfants, ceux que nous avons appelés Indiens en raison de l’erreur d’un navigateur, peuplaient les Amériques depuis plus de 11 000 ans.

Ces natifs américains ont été décimés au XIXe siècle pour deux raisons majeures : les constructions de chemins de fer et les bisons. Le lien ? Des hommes, tels le fameux Buffalo Bill tuaient les bisons pour nourrir les ouvriers du chemin de fer, mais aussi pour leur propre plaisir. En 1800, on comptait 75 millions de bisons au centre du continent nord-américain ; en 1890, avec la conquête de l’Ouest, on décompte à peine 800 bisons. Privés de nourriture et persécutés, les Indiens navajos meurent. Sur cette photo : une mère navajos accompagnée de sa fille et petite-fille au rassemblement des « jeunes indigènes du monde » à l’occasion du festival sàmi, le Riddu Riddu, à Kåfjord en Norvège.

Une info attrapée au vol ce midi sur France Info.

Bernard Laporte, actuel secrétaire d’État aux sports et homme d’affaire successful est propriétaire d’un camping sur le bassin d’Arcachon, à Pyla-sur-mer exactement. Jusque-là, rien de problématique, il a le droit de recevoir Rachida sous la tente.

Située à l'entrée sud du bassin d'Arcachon, la dune du Pyla s'étend sur 500 m d'Est en Ouest et sur 2,7 km du Nord au Sud et contient environ 60 millions de mètres cubes de sable. Elle s'élève à environ 110 mètres, mais avance inexorablement vers l'intérieur des terres, engloutissant chaque année les pins qui la retiennent. // photo © élodie touret //

Située à l'entrée Sud du bassin d'Arcachon, la dune du Pyla fait 2 700 mètres de long, 500 de large, ce qui représenterait environ 60 millions de mètres cubes de sable. Elle pointe à environ 110 mètres de haut, et avance inexorablement vers l'intérieur des terres, étouffant goulûment petit à petit les pins qui doivent être en force pour la retenir. // photo © élodie touret //

Là où ça se complique, c’est que Bernie veut agrandir son camping, déjà très proche de la dune du Pyla. Mais nous sommes en zone Natura 2000, secteur protégé où seul le ministre de l’environnement peut donner l’autorisation de construire. Laporte l’a obtenue, signée par Borloo lui-même, selon les informations de Michel Biet, journaliste qui sort ces jours-ci une biographie non-autorisée de notre ministre rugbyman, Derrière Laporte (mauvais jeu de mots pour un joueur de rugby…:-)). 1,4 hectares seront engloutis, et 150 pins coupés.

Cela semble minime, mais c’est un projet supplémentaire qui s’attaque à l’écosystème particulièrement fragile qui se développe dans ce coin, sublime qui plus est.

Il y a un peu plus d’un an, les écologistes de la région lui reprochaient d’avoir enfreint la loi littoral en faisant raboter au bulldozer le sommet de la dune du Pyla pour aménager un terrain de parapente.

Vous avez d’autres infos sur ce sujet ?

Suite de la série avec les photos de Matyas, parti cet été chez les Sàmis.

// photo © Matyas Lebrun //

// photo © Matyas Lebrun //

Le lavvù est l’habitat nomade des Sàmis. Sorte de tipi, proche de ceux utilisés autrefois par les Amérindiens, le lavvù est encore utilisé en Sàpmi (Laponie) lors des migrations de printemps et d’été.

Les rennes mènent la danse car c’est eux qui, sensibles aux variations de températures, entament leur marche vers la côte dès les premières chaleurs de mai. Durant quinze à vingt jours, les éleveurs suivent les animaux dans le désert blanc du grand Nord et continuent, encore aujourd’hui, à dormir sous le lavvù. Pratique et confortable, ce cocon, fait de tronc de bouleau et de toile tendue, a traversé les âges. En son milieu crépite un feu, au-dessus duquel cuit, suspendu, un morceau de viande de renne.

Pas de radio dans les ondes vertes de cette semaine, je devais boucler plusieurs travaux, et suis en déplacement…

Mais n’oubliez pas d’aller voir la sélection Tv d’Anouska sur Ecolo-Info. Hop, c’est par ici !

Et pour la radio, on se rattrapera en podcast la semaine prochaine😉

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