En matière d’environnement, l’Australie, qui s’oppose toujours fermement au protocole de Kyoto, n’est pas ce qu’on appelle un bon élève. Mais un élève médiocre tente parfois de faire du zèle. Ainsi, le gouvernement australien vient-il d’annoncer que les ampoules à incandescence seront progressivement retirées de la vente d’ici 2010 et remplacées par des ampoules fluorescentes. Petit rappel : les ampoules à incandescence classiques perdent énormément d’énergie en chaleur, il n’y a qu’environ 5 % de l’électricité utilisée qui est convertie en lumière. Au contraire, les ampoules fluorescentes en restituent 75 % et durent de six à quinze fois plus longtemps.

Pour Malcolm Turnbull, le ministre de l’environnement australien, cette mesure serait presque la solution miracle. Il annonce des chiffres choc : réduction des émissions de gaz à effet de serre de 4 millions de tonnes d’ici 2012, baisse de 66% de la facture pour les particuliers. Et si les ampoules traditionnelles étaient interdites dans le monde entier, toujours selon lui, cela réduirait la consommation d’électricité d’un montant équivalent à cinq fois les besoins annuels de l’Australie.

Loin de moi l’idée de dénigrer cette initiative. En matière d’environnement, tout compte. Mais il ne faut pas s’arrêter à changer une ampoule. Et surtout ne pas donner bonne conscience aux citoyens d’Australie ou d’ailleurs – le ministre de l’énergie de l’Ontario songerait à une mesure similaire – en leur faisant croire que cela suffit. N’oublions pas que l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre provient de l’industrie.

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