Entendu il y a quelques jours, en substance : « ceux qui fauchent le maïs, c’est une honte, ils doivent être punis. C’est comme ceux qui brûlent les voitures. S’ils ne sont pas d’accord avec les OGM, ils n’ont qu’à le dire au gouvernement. Et puis les OGM, après tout, ce n’est peut-être pas pire qu’autre chose…Il y a bien des médicaments dont on n’est pas très sûrs non plus… » Un beau mélange, n’est-ce pas ?
J’ai été tellement effarée par ces propos venant de personnes que je connais et qui ont un niveau de culture tout à fait respectable, que je n’ai pas réussi à sortir d’exemples concrets de problèmes posés par les OGM. Je me suis bornée à essayer d’expliquer que même si la destruction n’est pas une méthode totalement satisfaisante, comme tout acte « violent », c’est là une forme de revendication, de militantisme.
Malheureusement, l’actualité vient à ma rescousse. Selon une étude publiée hier dans la revue Archives of Environmental Contamination and Toxicology, le MON 863, un maïs transgénique conçu par Monsanto et autorisé à la mise sur le marché en France et en Europe, perturbe plus ou moins fortement, chez le rat, de nombreux paramètres biologiques : poids des reins, poids du foie, taux de réticulocytes (jeunes globules rouges), de triglycérides, etc. Les effets varient selon le sexe : « Chez la femelle, on observe une augmentation des graisses et du sucre dans le sang, une augmentation du poids du corps et du poids du foie par rapport au poids du corps, le tout associé à une plus grande sensibilité hépatique, explique au journal Le Monde M. Séralini, principal auteur de cette étude et par ailleurs président du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen). Chez le mâle, c’est le contraire, avec une chute du poids du corps et des reins. »
La polémique sur ce maïs dure en fait depuis près de deux ans. Une étude commanditée par Monsanto mettait alors en évidence des variations significatives de paramètres biologiques entre les animaux nourris au maïs MON 863 et ceux nourris avec son isogène – la même variété végétale, mais non modifiée génétiquement. Mais les chercheurs de la firme agrochimique avaient conclu que ces écarts n’étaient pas pathologiques. Juste une histoire de « variabilité naturelle des paramètres mesurés »…
Les données expérimentales brutes sont restées top secret jusqu’à ce que la cour d’appel de Munster (Allemagne), saisie par Greenpeace, oblige Monsanto à les publier. La Criigen a ainsi pu retravailler dessus, grâce à une étude financée par Carrefour et Greenpeace. Et en tirer les inquiétantes conclusions publiées hier.
Suite à ces nouvelles informations, les Verts et Cap 21 ont demandé une nouvelle fois l’arrêt de la culture d’OGM en plein champ.
Je ne sais pas vous, mais moi, tout ceci me donne envie d’aller couper quelques pieds de maïs

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