Les plus exposés à des intoxications directes – aigües – par les pesticides sont les agriculteurs, qui utilisent ces produits en grande quantité sur leurs cultures. Selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) il y aurait chaque année dans le monde un million de graves empoisonnements par les pesticides, avec quelque 220 000 décès. Les troubles aigus dûs aux pesticides frappent les muqueuses et la peau (40 % des cas étudiés), le système digestif (34 % des cas), le système respiratoire (20 %), le reste de l’organisme (24 %).
Mais le problème de santé publique posé par les pesticides dépasse largement ces intoxications aigües, aussi inquiétantes soient-elles.
 
Perturbations hormonales
Même en très faibles quantités, la plupart des pesticides perturbent notre système endocrinien, c’est-à-dire – un peu schématiquement – toutes les glandes qui sécrètent des hormones. Les effets varient en fonction de l’âge et de la phase de développement de l’organisme touché. Les expositions in utero sont les plus critiques, car il suffit qu’un signal hormonal n’ait pas lieu à un moment précis pour perturber gravement le développement du fœtus : avortement spontané, retards de croissance, handicaps à la naissance…
Une étude de 2001 réalisée en Californie montre que la mort du fœtus due à une anomalie congénitale est plus fréquente chez les mères qui vivent pendant leur grossesse près d’endroits  où l’on a pulvérisé des produits phytosanitaires.
Les pesticides sont même soupçonnés de modifier  le sexe de l’enfant à naître. Des chercheurs se sont aperçus que la proportion de bébés mâles, par rapport à l’ensemble des nouveaux-nés, était en train de décliner doucement depuis 20 ans dans de nombreux pays industrialisés ou en voie d’industrialisation. Ces scientifiques pensent que ce changement est causé par l’exposition du fœtus à des perturbateurs endocriniens, tels que certains pesticides.
Qui dit hormones dit aussi reproduction. Les phytosanitaires seraient responsables d’une baisse non-stop de la fertilité masculine depuis plus d’un demi-siècle. Une étude l’a récemment confirmé : l’exposition aux pesticides est associée à des concentrations en spermatozoïdes bien en dessous de la limite de
la fertilité. Les femmes sont aussi touchées : pour celles qui préparent et utilisent des pesticides, particulièrement des herbicides, le risque d’infertilité est multiplié par 27 !

 
Perturbations du système immunitaire
Les effets destructeurs des pesticides sur le système immunitaire sont encore principalement étudiés en laboratoire, sur des animaux ou des cultures de cellules. Mais la majorité des études met en évidence des effets immunosuppresseurs, ce qui peut entraîner des allergies (asthme, irruptions cutanées, etc), une plus grande sensibilité à des maladies… Voire certains cancers.
 
Pesticides et cancers
À ce jour en Europe, 92 substances actives pesticides sont classées cancérigènes possibles ou probables, par l’Union européenne ou par l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis.
Depuis plus de vingt ans, des dizaines d’études épidémiologiques montrent que les utilisateurs de pesticides sont plus souvent atteints par certains cancers (estomac, prostate, vessie, cerveau, lèvres, leucémies…) que la population générale.
Il semble que les enfants soient encore plus sensibles à ce risque que les adultes car, proportionnellement à leur taille et poids, ils sont plus exposés à des substances cancérigènes auxquelles ils sont plus sensibles physiologiquement.
 
Réjouissant tout ceci, n’est-ce pas ? Bon, pas la peine de se calfeutrer chez soi ni de déménager pour la ville. Éviter d’en utiliser, même de très petites doses pour vos jardinières, et expliquer la démarche et les risques autour de soi, peut contribuer à une prise de conscience.
 
Demain : la question de leur évaluation avant la mise sur le marché.

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