« Les pesticides, c’est dangereux. Très bien, ça on a compris. Mais alors pourquoi peut-on encore en trouver dans n’importe quelle grande surface ? », allez-vous me dire. Et bien, that’s the question.

En commercialisant ces produits toxiques, les premiers coupables sont à mon avis les pouvoirs publics, qu’ils soient nationaux ou européens. Il y a un gros problème au niveau des autorisations de mise sur le marché (AMM).
Selon le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), qui travaille énormément sur le sujet – et dont le président, François Veillerette, vient d’éditer le livre Pesticides, révélations sur un scandale français – la directive européenne qui régit les AMM comporte de nombreuses lacunes.

  • Tout d’abord, les effets de perturbations endocriniennes ne sont pas recherchés, et les tests de toxicité pour le système immunitaires ne sont pas systématiquement exigés. Un comble lorsqu’on sait que ce sont les principaux risques liés à une exposition aux pesticides.
  • Ensuite, l’évaluation des produits phytosanitaires ne tient pas compte de leurs effets sur les organismes les plus sensibles, notamment les enfants. Là aussi, c’est embêtant…
  • Enfin, il peut y avoir des effets de synergie, lorsque plusieurs substances (plusieurs pesticides, ou un pesticide avec des excipients) sont mélangés. Mais ces effets ne sont pas évalués. Une étude de 2004 a par exemple démontré que le potentiel toxique du fameux Round Up est supérieur à celui de sa matière active le glyphosate à cause de la présence de co-formulants conçus pour renforcer son action.

Il faut aussi savoir que lors l’évaluation de la dangerosité des pesticides pour l’homme, on établit – uniquement par des expérimentations animales – la dose journalière admissible (DJA) pour chaque substance. Mais là encore, on oublie que dans les fruits et légumes de votre panier, il n’y a sans doute pas des résidus d’un seul pesticide… Or ces possibles cocktails peuvent s’avérer particulièrement toxiques.
 
À suivre…/span>

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