avril 2007


Comme d’autres blogueurs et blogueuse s, je ne comprends pas très bien la tactique de Nicolas Hulot qui refuse de se prononcer pour Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy alors que d’un point de vue environnemental, il est clair qu’ils n’ont pas du tout les mêmes ambitions… On a l’impression qu’il est dans une position plus que délicate, lié par des engagements… En témoigne cette info, lue dans Le Monde de ce soir :


Les bons totaux de M. Hulot
Jeudi 26 avril, lors d’une fête de la Nature dans le Morbihan, Nicolas Hulot a refusé de se prononcer sur le second tour :  » J’ai fait ce que j’avais à faire dans cette campagne, maintenant je passe à autre chose. «  Mais dans son édition de vendredi, Le Parisien décrochait le scoop :  » Le coeur d’Hulot penche vers Royal  » ;  » L’animateur de TF1 se fait un peu prier, mais finit par lâcher le morceau : « Ségolène Royal a ratifié 80 % du Pacte écologique, Nicolas Sarkozy 40 %. J’ai toujours dit que je me déterminerai personnellement en fonction du taux d’adhésion des candidats ».  » Puis, dans une dépêche de 9 h 25, l’animateur niait ces déclarations.

Non, je ne parle toujours pas de politique car en la matière, ne vous privez pas de virer à gauche…

Il s’agit d’une info vue chez So-Ann, qui l’avait elle-même repérée chez Guillemette
Pour économiser essence et temps de travail, les livreurs d’UPS doivent éviter de tourner à gauche. Et oui, n’avez-vous jamais pesté contre les automobilistes venant en face « Y en a pas un pour me laisser passer ! » ? La companie marron aurait même un logiciel choisissant les trajets avec un maximum de virages à droite. Et le magazine Time en fait sa 45e astuce pour lutter contre le réchauffement climatique.

46e astuce : Guillemette propose de griller les feux. Avez-vous d’autres bonnes idées à l’américaine ?

Dans la foulée, voici la vidéo de Claude Bartolone, député, ancien ministre et membre de l’équipe de campagne de Ségolène Royal.
J’ai noté quelques phrases :
« Il est de la responsabilité de la France, de l’Europe, de l’ensemble des grandes puissances d’accorder plus d’intérêt [ à l’environnement ] que ne l’a fait jusque là l’administration américaine, notamment au moment des accords de Kyoto. »
« C’est le même type d’arguments que ceux servis il y a quelques années pour nous dire qu’il fallait que la France soit aux côtés de l’administration américaine pour faire le guerre en Irak. Et heureusement que nous ne l’avons pas fait ! »
Et j’adore sa réaction, qu’il croit hors micro : « Quelle bande de réac ! ».

The Yes Men : le pacte Hulot vu par Bartolone (PS) sur LeLab.TV

Pas très envie de commenter les résultats de la campagne électorale, d’autres le font bien mieux que moi (voir par exemple cette discussion-). L’avantage Sarkozy au premier tour est cependant très inquiétant de tout point de vue. Notamment pour l’environnement.
Parlons tout de même un peu politique.

Après Claude Goasgen, porte-parole de Nicolas Sarkozy, les Yes Men et Lelab.tv ont piégé Jean-Marie Cavada, qui est aux côtés de François Bayrou. Y a pas à dire, il s’en sort mieux que Claude Goasguen. Plus intelligemment surtout. À plusieurs reprises, il fait remarquer aux pseudo-journalistes américains que les États-Unis n’ont pas signé le protocole de Kyoto alors qu’ils ne sont pas au-dessus des problèmes environnementaux : « La question se pose à nous tous : comment allons-nous infléchir notre politique pour ménager notamment la couche atmosphérique ? Et ça, c’est une responsabilité que nous partageons : vous respirez comme nous ». Il va même jusqu’à défendre le plan Hulot : « ce plan a été étudié avec des économistes, ce ne sont pas des élucubrations de gens qui mangent des herbes folles ou sucent des glaçons ! »
Je vous laisse juger :

The Yes Men : le pacte Hulot vu par Cavada (UDF) sur LeLab.TV

La « barrière de protection antiterroriste » de 650 km de long, qu’Israël construit en Cisjordanie aura une brèche. La construction est actuellement suspendue sur 30 km dans la partie méridionale du désert de Judée. L’édifice doit passer par région des monts d’Hébron, où se trouvent de nombreuses réserves naturelles, l’équilibre écologique serait donc menacé. Le chantier est arrêté le temps d’évaluer les conséquences.
La Cour internationale de justice et l’Assemblée générale des Nations unies avaient jugé la construction du mur illégale et ordonné son démantèlement. En vain. Les associations de protection de la nature sont les seuls à avoir réussi à faire suspendre la construction d’une petite partie du mur. On peut en partie s’en réjouir. En partie seulement. Prendre en compte les protestations de défenseurs de la nature, c’est très bien. Mépriser les requêtes des institutions défendant les droits de l’homme, c’est inquiétant. Construira-t-on, comme sur certaines autoroutes, des tunnels ou des ponts pour le passage des hommes ?

Pas une seconde pour mettre un article en ligne, j’en ai pourtant plusieurs dans les tiroirs…

En attendant, juste en passant, ce lien vers un article dénonçant le site de Gwen Legac, qui avait laissé un commentaire sur ce blog et que j’avais immédiatement trouvée louche…
Et les extraits les plus siginificatifs :

  • A peine le livre sorti, un nom de domaine était déposé http://www.alerte-environnement.org (exactement le 26 février 2007 à 17:53:35) et un site créé sous la forme d’un blog. La coïncidence ne s’arrête pas ici : dès le départ ce site fut entièrement consacré à décrédibiliser les auteurs du livre avec des arguments chocs « Fabrice Nicolino sur les traces de Thierry Meyssan » ou encore « Théorie du complot et amalgames », même si l’auteure s’est pliée a l’écriture de quelques articles prétextes.
  • Ce qui est intéressant, c’est le processus de légitimation du site « écrit par une journaliste et quelques amis agriculteurs », un classique dans le genre. Le sens est également affiché, car le site se veut à la fois responsable et militant, image convenable pour les écologistes « Alerte Environnement creuse, cherche et expose les motivations de quelques initiés qui se sont arrogés le titre d’experts. Incisif, ce site éclaire les débats, analyse, décortique
  • Très rapidement, les sites qui évoquaient le livre semblent avoir été passés au crible et systématiquement informés de l’existence du site http://www.alerte-environnement.org « Pour en savoir plus sur le livre Pesticides, révélations sur un scandale français : … », ce qui a l’art d’attirer le chaland sans dévoiler ses intentions : cette méthode, certes mesquine, est souvent utilisée par les manipulateurs.
  • Encore faut-il durer, par la qualité du contenu. Or, dans ce type d’opération, le contenu annexe est sensé contextualiser et crédibiliser le contenu-piège. C’est ici que le site en question trouve ses limites car ce contenu est pour l’essentiel une accumulation de copier-coller sans aucun intérêt, très éloigné de la rigueur journalistique annoncée dans la promesse (page « Qui sommes-nous ») et pour cause.
  • Si le site en question relève plus de la rubrique des chiens écrasés que de l’investigation journalistique, c’est aussi parce que les auteurs ne sont pas journalistes (selon nos recherches, elle aurait écrit deux papiers en 2006 pour le Télégramme de Brest). C’est ici que le château de cartes virtuel s’effondre. Révélée sur le net puis au grand public par le Canard Enchaîné, la manipulation fait actuellement le tour d’internet et le buzz se retourne contre son auteure au profit du livre déjà réimprimé deux fois et qui trouve le soutien de personnalités au dessus de tous soupçons d’amalgame.

Juste une petite morale : soyez vigilants avec les informations que l’on trouve sur le net…

Denis Delbecq, qui a diffusé l’interview piégée de Claude Goasguen sur son « libé-blog », a reçu un message de ce dernier. C’est par là.
Il explique notamment que « cela montre en toute hypothèse qu’un homme politique peut répondre à n’importe quelle ânerie d’un journaliste provocateur ». Ben voyons…

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