Un communiqué des Amis de la Terre :
 
Paris, le 14 mai 2007 – Les autorités géorgiennes expulsent illégalement une association écologiste
 
Durant la matinée du vendredi 11 mai, le siège des Amis de la Terre – Géorgie a été pris d’assaut par 200 policiers. Le matériel et les dossiers qui se trouvaient au bureau de l’association à Tbilissi ont été saisis. Le réseau européen des Amis de la Terre s’insurge contre cette expulsion illégale.
Fouad Hamdan, Directeur des Amis de la Terre Europe, déclare : « Le réseau des Amis de la Terre Europe est indigné par l’attitude du gouvernement géorgien qui a contourné les procédures légales pour expulser de force les Amis de la Terre – Géorgie de leur bureau. Il est extrêmement inquiétant qu’un gouvernement démocratique, soutenu par l’Union européenne, affirme son autorité d’une façon aussi intimidante et autocratique, digne des temps soviétiques. »
Les policiers ont encerclé le bureau des Amis de la Terre – Géorgie pour y saisir matériel et dossiers, qu’ils ont ensuite chargés dans des camions et envoyés dans une zone de stockage. La plupart du matériel a été endommagé voir détruit. Selon M. Hamdan, « Les autorités devraient annuler l’expulsion, indemniser les pertes et présenter leurs excuses aux Amis de la Terre – Géorgie».

Les Amis de la Terre – Géorgie étaient depuis 1998, officiellement locataires du bureau auprès de l’administration du Parc de Mushtaidi, leur bail courant jusqu’en décembre 2008. La municipalité de Tbilissi a néanmoins annulé l’accord, demandant à l’association de libérer les locaux sous cinq jours. L’association écologiste a alors fait appel de la décision en justice, fait qui n’a visiblement pas été considéré par la police.
Le bureau des Amis de la Terre – Géorgie, situé au coeur d’un parc classé de Tbilissi, présente une valeur historique et architecturale, tout comme de grandes propriétés de valeur qui intéressent le gouvernement. Les expulsions sont en effet une nouvelle tendance en Géorgie, où l’Etat a entrepris de vendre et de saisir des propriétés privées, qu’il considère stratégiques.
Cependant, la brusque dénonciation unilatérale du bail et l’expulsion de force des Amis de la Terre – Géorgie contrastent avec les autres cas : en règle générale, les locataires se trouvant dans des situations similaires ont eu au moins trois mois pour vider les lieux après qu’une décision de justice ait été prononcée.

Les Amis de la Terre – Géorgie ont récemment mobilisé le grand public pour protester conte la politique du gouvernement géorgien qui attribue des baux pour la gestion des forêts. L’association avait de même critiqué le gouvernement lorsqu’il a échoué à faire adopter une forte régulation pour contenir la dissémination d’organismes génétiquement modifiés.
« Les Amis de la Terre est le plus grand réseau écologiste mondial. L’expulsion du groupe géorgien de ses locaux n’arrêtera pas l’organisation d’une campagne contre les mauvaises pratiques environnementales en Géorgie » conclut M. Hamdan.

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