juillet 2007


Les forêts pourraient voir leur efficacité comme puits ou réservoirs naturels de carbone compromise ou du moins fortement réduite par la concentration excessive d’ozone (O3) dans les basses couches de l’atmosphère en raison de la pollution. Ce sont les conclusions d’une étude publiée dans Nature le 26 juillet.

Les arbres absorbent naturellement le dioxyde de carbone (CO2) par photosynthèse et on peut ainsi dire qu’ils luttent contre le réchauffement climatique. Le phénomène est dû à de minuscules organes de l’épiderme des feuilles, responsables des échanges gazeux entre l’air et la plante : les stomates. L’ozone, produit principalement par les gaz d’échappement des voitures, endommage les cellules des feuilles ce qui a un effet négatif sur la croissance de la plante, et donc sur le taux de photosynthèse : la plante absorbe moins de CO2.

Mais ce n’est pas tout. Selon les auteurs de l’étude, augmentation de la concentration d’ozone ou de CO2 provoque une fermeture des stomates, qui ne font alors plus leur travail. Se met alors en place un cercle vicieux : plus de gaz polluants dans l’atmosphère, donc moins de stomates sur une plante moins grande, qui absorbe donc moins de CO2…

L’équipe britannique pense que « l’impact potentiel d’une élévation future de la présence d’ozone (dans la basse atmosphère) sur la capacité de nombreux écosystèmes à piéger le carbone est important ». Le rôle de l’ozone dans le réchauffement climatique aurait été sous-estimé : « les effets indirects de l’ozone sur les plantes pourraient contribuer à l’avenir de manière plus importante au réchauffement climatique que les effets directs ».

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Entre 10 et 15 tonnes de batteries de voitures en fin de vie reposent au fond de l’eau, dans le ventre du navire marchand Don Pedro qui a coulé le 11 juillet dernier, près du port d’Ibiza. Il avait déjà craché à la face de la jet-set, sur les plages les plus glamours des Baléares, des dizaines de tonnes de pétrole (120 tonnes de sable, algues et résidus flottants ont pour l’instant été récupérés). El Pais révèle aujourd’hui qu’il cache dans son antre des batteries fortement toxiques, à haute teneur en plomb et acide sulfurique. Les autorités avaient affirmé que Don Pedro ne portait pas de cargaison, et que le seul danger pour le milieu marin provenait des réserves de fuel, et autres huiles bien peu recommandables.

Nicolas Sarkozy assure qu’il n’y a « aucun lien » entre le  « mémorandum d’entente sur la coopération dans le domaine des applications pacifiques de l’énergie nucléaire » signé par les deux pays et la libération des infirmières bulgares.

Ben voyons…

Puis il admet tout de même : « si elles n’avaient pas été relâchées, je ne serais pas venu ».

C’est vrai que cela ne change presque rien…

La France et la Libye concluent un accord sur le nucléaire civile
LEMONDE.FR | 26.07.07

Les organisations écologistes s’indignent de l’accord franco-libyen sur le nucléaire
LEMONDE.FR | 26.07.07

(pour ceux qui seraient choqués – oh my god ! – par « les SarkozyS« )

Alors que le pays se noie sous des trombes d’eau, les autorités anglaises ont décidé il y a quelques jours de construire une usine de dessalement sur la Tamise, à Londres. Située à Newham, à l’est de Londres, près du barrage qui protège la ville des marées, l’usine devrait fonctionner dès 2010. Grâce à la technologie de l’osmose inverse, elle transformera chaque jour les eaux saumâtres de l’estuaire en 140 millions de litres d’eau potable – soit de quoi abreuver environ 900 000 personnes. Les Londoniens devraient alors être plus de 9 millions.

Pour la compagnie des eau Thames Water, qui sera en charge de l’usine, le projet vise à protéger la planète, en préservant les réserves d’eau douces. La compagnie soutient également qu’ « en fonctionnant de façon intermittente et en utilisant seulement du biodiesel, l’usine sera douce pour le climat ». Des arguments qui ne convainquent pas le charismatique maire de Londres, Ken Livingstone. La décision des autorités met fin à une bataille qu’il menait depuis trois ans, plaidant qu’il serait plus efficace de résorber les fuites d’eau du réseau londonien, vieux de plus d’un siècle. Thames Water rétorque que les fuites d’eau sont passées de 915 millions de litres par jour en 2004  à 702 aujourd’hui. Un net progrès mais encore largement insuffisant.

Pour le WWF, cette usine est une aberration. « C’est un non-sens d’imaginer que Londres aurait besoin d’une usine de dessalement pour subvenir à ses besoins en eau », s’insurge Rob Oates, membre de WWF. On est en Angleterre, pas au Yémen! Ici, il pleut beaucoup. Si on utilisait des technologies simples pour recueillir et conserver l’eau de pluie, on pourrait réduire la demande en eau de 50% ! »

Après quelques jours de vacances bien agréables, pour accueillir des amis, je me remets tranquillement au travail… jusqu’au 7 août ! Puis je délaisserai à nouveau ce blog pour vivre à l’heure madrilène (c’est-à-dire la nuit pour éviter de mourir de chaud…)

Et vous, que faites-vous ?

750000 personnes meurent prématurément en Chine, chaque année, à cause de la pollution. C’est ce qu’a annoncé le Financial Times lundi, selon un rapport – intitulé « Le coût de la pollution en Chine : estimations économiques des préjudices physiques » – de la Banque Mondiale. Ce rapport n’a pas encore publié de façon officielle, car la Chine tente de faire pression afin que les chiffres sur les coûts humains de la pollution, soit environ un tiers du rapport, passent à la trappe. Trop peur que cela provoque des « troubles sociaux »… Les conclusions sont pourtant le fruit d’une collaboration entre la Banque mondiale et les autorités chinoises.

« Les niveaux élevés de pollution atmosphérique dans les villes chinoises sont à l’origine de 350 000 à 400 000 décès prématurés chaque année. Quelque 300 000 autres sont dus à la mauvaise qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments. Enfin, 60 000 autres morts prématurées sont imputables à la pollution de l’eau» (FT)

Les autorités chinoises auraient également réussi à ce qu’il ne soit pas fait état d’une carte détaillée montrant quelles étaient les régions les plus touchées par la mortalité due à la pollution. Seize des vingt villes les plus polluées au monde sont chinoises.

Dans un communiqué publié mardi, la Banque mondiale a confirmé que « certaines estimations sur l’impact physique aussi bien que des calculs sur le coût économique ont été retirés de l’avant-projet en raison de certaines incertitudes sur les méthodes de calcul et leur application ». « Conformément à l’approche adoptée par la Banque mondiale à l’égard de ce genre de projet de recherches conjointes, les conclusions de ce rapport sont actuellement en discussions avec le gouvernement », précise le communiqué.  

Il y a quelques jours, j’apprenais aussi que Pékin détient, selon un rapport de la  Banque asiatique du développement (ADB), un triste record : celui du nombre de particules nocives en suspension flottant dans l’air. 

Et cela me fait aussi penser à cette chronique que tient une jeune femme qui vit à Pékin depuis six mois. Il y a quelques jours, nous en parlions avec des amis, je leur racontais qu’elle était victime de nausées dues à la pollution, qui la rendait littéralement malade. Nous avions presque du mal à l’imaginer…

Alors oui, mes poumons souffrent. Désormais, un sprint à vélo et une accélération à la piscine ne sont plus possibles. Comme si mes poumons se déchiraient. Bizarrement, je m’étais habituée à l’idée  que mon souffle se fasse court  face à cette « voisine de pallier ». Mais depuis quelques jours, j’ai été prise de malaise. Impossible d’avaler quoi que ce soit. Mon estomac fait des bonds. Ma bouche sent le souffre. « Ça va passer », me dis-je. Mais cela ne passe pas. Cela s’installe. 



Pour ceux qui lisent l’anglais et veulent aller plus loin : l’avant-projet du rapport.

Quand j’étais petite, j’adorais jouer avec une maison de poupées originale, version seventies, héritée de mes cousins : il s’agissait d’un arbre qui s’ouvrait sur des pièces occupées par de petits bonhommes – et bonnes femmes – chevelus (non, non, ma mère ne mettait pas de substances illicites dans mes purées !). Les architectes Mitchell Joachim et Javier Arbona ont dû y jouer aussi… et ils continuent d’en rêver aujourd’hui.

Avec Lara Greden, ingénieur en environnement, ils ont imaginé non pas une cabane perchée, mais une vraie maison-arbre. Les murs et toute la structure de la maison sont en « arbre ». L’idée est de donner à l’arbre une forme telle qu’elle puisse ensuite être aménagée, avec notamment des treillis de vigne pour les murs intérieurs, qui seront recouverts d’argile, choisie pour ses propriétés thermiques.

Le must : la maison respire, pousse, se transforme ; elle est vivante. Mitchell et Javier ont imaginé des fenêtres à base de fibres de soja qui s’étireraient au fur et à mesure que l’arbre grandit, en symbiose parfaite. Le tout avec un impact écologique réduit au minimum : bioclimatisme, gestion complète du cycle de l’eau… Elle pourrait même remplir le frigo de ses fruits ! La maison-arbre est conçue pour une famille avec deux enfants : trois chambres (dont une à l’étage), une salle de bain, et une grande pièce à vivre (salon, salle-à-manger, cuisine) orientée au Sud.

arbre-maison-1.jpg

Un des défis de l’arbre-habitable, est le temps de « construction », pas question de l’avoir en deux parpaings, trois coups de pelle… Les concepteurs travaillent actuellement sur ce point, avec une entreprise arboricole israélienne (Plantware) spécialisée dans la production d’arbres façonnés. Chaque maison mettrait au moins cinq ans pour pousser, selon le climat. Les créateurs, que décidément rien n’arrête, imaginent des fermes où grandiraient des maisons prêtes à être livrées, pardon transplantées.
Il ne reste plus qu’à trouver une municipalité prête à délivrer un permis de construction longue durée.

Merci Neodim pour l’info ! Il en a parlé aussi, et avant moi !

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