750000 personnes meurent prématurément en Chine, chaque année, à cause de la pollution. C’est ce qu’a annoncé le Financial Times lundi, selon un rapport – intitulé « Le coût de la pollution en Chine : estimations économiques des préjudices physiques » – de la Banque Mondiale. Ce rapport n’a pas encore publié de façon officielle, car la Chine tente de faire pression afin que les chiffres sur les coûts humains de la pollution, soit environ un tiers du rapport, passent à la trappe. Trop peur que cela provoque des « troubles sociaux »… Les conclusions sont pourtant le fruit d’une collaboration entre la Banque mondiale et les autorités chinoises.

« Les niveaux élevés de pollution atmosphérique dans les villes chinoises sont à l’origine de 350 000 à 400 000 décès prématurés chaque année. Quelque 300 000 autres sont dus à la mauvaise qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments. Enfin, 60 000 autres morts prématurées sont imputables à la pollution de l’eau» (FT)

Les autorités chinoises auraient également réussi à ce qu’il ne soit pas fait état d’une carte détaillée montrant quelles étaient les régions les plus touchées par la mortalité due à la pollution. Seize des vingt villes les plus polluées au monde sont chinoises.

Dans un communiqué publié mardi, la Banque mondiale a confirmé que « certaines estimations sur l’impact physique aussi bien que des calculs sur le coût économique ont été retirés de l’avant-projet en raison de certaines incertitudes sur les méthodes de calcul et leur application ». « Conformément à l’approche adoptée par la Banque mondiale à l’égard de ce genre de projet de recherches conjointes, les conclusions de ce rapport sont actuellement en discussions avec le gouvernement », précise le communiqué.  

Il y a quelques jours, j’apprenais aussi que Pékin détient, selon un rapport de la  Banque asiatique du développement (ADB), un triste record : celui du nombre de particules nocives en suspension flottant dans l’air. 

Et cela me fait aussi penser à cette chronique que tient une jeune femme qui vit à Pékin depuis six mois. Il y a quelques jours, nous en parlions avec des amis, je leur racontais qu’elle était victime de nausées dues à la pollution, qui la rendait littéralement malade. Nous avions presque du mal à l’imaginer…

Alors oui, mes poumons souffrent. Désormais, un sprint à vélo et une accélération à la piscine ne sont plus possibles. Comme si mes poumons se déchiraient. Bizarrement, je m’étais habituée à l’idée  que mon souffle se fasse court  face à cette « voisine de pallier ». Mais depuis quelques jours, j’ai été prise de malaise. Impossible d’avaler quoi que ce soit. Mon estomac fait des bonds. Ma bouche sent le souffre. « Ça va passer », me dis-je. Mais cela ne passe pas. Cela s’installe. 



Pour ceux qui lisent l’anglais et veulent aller plus loin : l’avant-projet du rapport.

Publicités