Alors que le pays se noie sous des trombes d’eau, les autorités anglaises ont décidé il y a quelques jours de construire une usine de dessalement sur la Tamise, à Londres. Située à Newham, à l’est de Londres, près du barrage qui protège la ville des marées, l’usine devrait fonctionner dès 2010. Grâce à la technologie de l’osmose inverse, elle transformera chaque jour les eaux saumâtres de l’estuaire en 140 millions de litres d’eau potable – soit de quoi abreuver environ 900 000 personnes. Les Londoniens devraient alors être plus de 9 millions.

Pour la compagnie des eau Thames Water, qui sera en charge de l’usine, le projet vise à protéger la planète, en préservant les réserves d’eau douces. La compagnie soutient également qu’ « en fonctionnant de façon intermittente et en utilisant seulement du biodiesel, l’usine sera douce pour le climat ». Des arguments qui ne convainquent pas le charismatique maire de Londres, Ken Livingstone. La décision des autorités met fin à une bataille qu’il menait depuis trois ans, plaidant qu’il serait plus efficace de résorber les fuites d’eau du réseau londonien, vieux de plus d’un siècle. Thames Water rétorque que les fuites d’eau sont passées de 915 millions de litres par jour en 2004  à 702 aujourd’hui. Un net progrès mais encore largement insuffisant.

Pour le WWF, cette usine est une aberration. « C’est un non-sens d’imaginer que Londres aurait besoin d’une usine de dessalement pour subvenir à ses besoins en eau », s’insurge Rob Oates, membre de WWF. On est en Angleterre, pas au Yémen! Ici, il pleut beaucoup. Si on utilisait des technologies simples pour recueillir et conserver l’eau de pluie, on pourrait réduire la demande en eau de 50% ! »

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