… en faisant attention à ne pas se prendre d’iodure d’argent ou de sodium !

Depuis 2005, le Sénégal expérimente le pluies provoquées, pour ne plus dépendre des caprices du ciel, dans huit des onze régions du pays. L’objectif du programme « Bawann » (« pluie utile » en wolof) est de maîtriser la pluie, et donc les récoltes de ce pays sahélien qui vit essentiellement de l’agriculture, mais dépend des importations pour nourrir la population.

Un radar d’une portée de 480 km – qui couvre quasiment tout le territoire – détecte les nuages et aide à évaluer leurs réserves d’eau. Puis les avions ou des générateurs au sol entrent dans la danse et bombardent les nuages déjà formés avec de l’iodure d’argent et du sodium, pour faire tomber la pluie. Le dispositif est complété par des bassins de rétention qui recueillent l’eau pouvant servir à la pisciculture ou au maraîchage pendant la saison sèche. Entre le 18 juillet et le 12 août, 23 opérations terrestres et aériennes ont été menées cette année (35 à la même période en 2006). Sur la zone concernée, la pluviométrie serait excédentaire, selon l’organisme de météorologie national ; alors que le sud-est du Sénégal, non visé par le programme est déficitaire.

Plusieurs chercheurs et acteurs agricoles émettent toutefois des réserves, ils jugent l’impact du programme assez incertain : on ne sait pas précisément où la pluie va tomber, ni si le nuage bombardé n’aurait pas suivi la même évolution sans intervention. Baba Ngom, secrétaire général du Conseil national de concertation des ruraux (CNCR), une des principales organisations de producteurs au Sénégal, n’y croit pas trop comme solution sur le long terme. Il préfèrerait que le pays mette en place un réseau d’irrigation efficace, utilisant le fleuve Sénégal, « dont des millions de mètres cubes se jettent chaque année à la mer », et l’eau des nappes souterraines grâce à des forages.

Et si on arrêtait d’imaginer des « patches » dignes de films de science fiction ?…

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