Une action forte en faveur de l’environnement et de la lutte contre l’émission de gaz à effet de serre ? Mais c’est bien-sûr, le ferroutage !… Et bien la SNCF n’a pas dû tout comprendre. Ou plutôt si, elle comprends surtout comment faire rentrer le plus d’argent possible. L’entreprise réorganise en effet son activité de frêt, déficitaire depuis des années. Ainsi, à compter du 30 novembre, 262 gares n’assureront plus le chargement et le déchargement de wagons de marchandises isolés. Parmi elles : Blois, Saint-Pierre-des-Corps, Limoges… La SNCF prévoit de rassembler ces wagons isolés dans de grandes plateformes de tri, plus rentables.

Dans Libération hier, Michel Bodin, président de l’Association des régions de France (ARF), expliquait son opposition à cette restructuration.

« Cette mesure va à l’encontre des intentions affichées par le ministre de l’Écologie. Avec ces fermetures massives, le chemin de fer se trouverait affaibli au moment où tous les experts nous expliquent, à juste titre, qu’il faudrait favoriser le ferroutage au détriment du transport routier jugé plus polluant. Avant de poursuivre sur cette voie, nous demandons un moratoire. Les gares dédiées au fret ne peuvent être considérées comme un handicap pour la SNCF. Elles constituent un atout au regard des urgences environnementales et économiques que nous jugeons indissociables. »

« Sur cette question du fret, je retrouve les mêmes arguments que pour le transport des voyageurs, lorsque l’Etat a décidé de fermer des lignes jugées non rentables. Après un travail de fonds et en s’appuyant sur les infrastructures qu’elles avaient elles-mêmes financées au travers des contrats de plans État-régions, les régions avaient réussi à prouver que ces lignes étaient utiles pour l’aménagement du territoire et la protection de l’environnement. »

« Au niveau national, le plan Véron, l’ancien plan de restructuration du fret mené par la SNCF, de 2004 à 2006, a jeté sur les routes un million et demi de camions de plus par an. Une entreprise italienne qui affrétait deux à trois trains chaque semaine de Saint-Pierre-des-Corps à l’Italie, a dû, après le plan Véron, expédier 2 000 camions par an sur les routes. » 

Michel Bodin compte sur le prochain Grenelle de l’environnement pour mettre à plat ces problèmes et obliger la SNCF à revenir sur la restructuration. 

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