septembre 2007


A Toulouse, Dominique Platon, Lamia et Erwan Vermel travaillent depuis plusieurs mois sur le projet Mobilib. Leur premier souci est de réunir suffisamment d’intéressés prêts à s’engager pour que la structure soit viable. Ils misent sur une cinquantaine de personnes pour cinq voitures. Tout se jouera demain soir (20 heures à l’ENSEEIHT, au bord du canal entre la CAF, Saint Aubin et la rue Riquet), lors de la « première et unique réunion constitutive d’un service d’autopartage sur Toulouse », annonce l’invitation. Qui ajoute : « Nous vous rappelons que sans vous, ce projet ne verra pas le jour. Il est maintenant temps de prendre en main ce service qui se doit d’appartenir à la société civile ou de faire le choix d’en laisser la direction et les décisions à des société privées dont l’objectif restera avant tout le bénéfice. »

Deux chemins sont possibles suite à cette réunion. Soit suffisamment de personnes sont prêtes à s’engager et Mobilib pourra entamer sa recherche de financements et monter une Scic. Soit, issue pessimiste, ils ne réussissent pas à rassembler suffisamment, et le projet tombe à l’eau.

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Premier volet d’une série de 3 articles sur l’auto-partage…

Même quand on est écolo jusqu’au bout des ongles (heu ?…), une voiture, ça peut servir. Faire une virée Ikéa, passer une soirée avec des amis sans se préoccuper de l’heure, faire une surprise à sa bien-aimée en l’emmenant faire un pique-nique dans un coin secret… Les adhérents d’un service d’autopartage ne se retrouvent jamais face à ce genre de problème. Le principe est simple. La société, ou association (selon les villes) dispose de véhicules stationnés en différents points de la ville, sur des emplacements réservés. En quelques clics ou un coup de fil, l’adhérent réserve, une heure ou une semaine à l’avance la voiture la plus proche de chez lui. Le moment venu, il récupère le véhicule grâce à une clé électronique.

Cette pratique, très développée en Suisse ou en Allemagne arrive depuis quelques années en France. Tout naturellement, de par sa situation frontalière, Strasbourg a ouvert le bal, avec Auto-trement. Au départ, une vingtaine de voisins et amis se regroupent en association pour partager une voiture. Aujourd’hui, cela marche de mieux en mieux et ils ont fondé une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) : un millier de sociétaires s’acquittent d’une part sociale de 500 € et profitent des véhicules en ne réglant que le coût de la location.

La difficulté de la mise en place d’une telle société repose sur l’investissement de départ : il faut convaincre les utilisateurs potentiels de s’engager financièrement afin de cumuler un pécule pour acheter les voitures et les équiper.

Pour les audacieux, c’est ensuite la garantie d’un service qui leur appartiendra, où devrait primer l’intérêt collectif et non le profit si l’autopartage tombe entre les mains de grands groupes. Le danger guette : une première joint-venture, Okigo, a été créée à Paris début 2006 entre le loueur Avis et le gérant de parking Vinci. C’est au moins la preuve qu’il y a un vrai créneau pour créer une activité rentable.

Depuis deux ans, les automobilistes toulousains ont pris l’habitude de lever le pied sur la rocade pendant l’été. Désormais, on aura un peu l’impression d’être toute l’année en vacances : le préfet de la Haute-Garonne, Jean-François Carenco a confirmé mardi la décision de limiter définitivement la vitesse sur le périphérique à 90 km/h pour les voitures et 80 km/h pour les poids lourds.

« Nous n’avons que des raisons positives de limiter définitivement ce périphérique à 90 km/h : les études le prouvent, cela diminue chaque été de 10% la pollution donc c’est un meilleur respect de l’environnement toulousain. On vit tous ensemble donc il faut que tout le monde prenne conscience de ce geste simple : rouler moins vite, c’est moins polluer ! », argumente Jean-François Carenco.

Pour l’environnement, la réduction estivale de la vitesse, c’est tout bénef. Cette année, on a économisé 1 500 tonnes de carburant (-10,1%) et 4 500 tonnes de CO2 (-10,1%). On a évité le rejet dans l’atmosphère de 18 tonnes d’oxydes d’azote (les gaz qui provoquent les pics d’ozone, – 10,9 %), 1,3 tonne de composés organiques volatiles (-0,9%), et 2,4 tonnes de particules en suspension (-18,4%). Chaque jour, c’est comme si 38 000 personnes avaient laissé leur voiture au garage. (1)

Ne pas croire à la solution miracle

Plutôt une très bonne nouvelle donc. Mais cela ne va pas régler tous les problèmes, comme le souligne Alain Ciekanski des Amis de la Terre de Midi-Pyrénées : « Cette décision soutenue à l’unanimité démontre que les mentalités évoluent dans le bon sens. Cependant nous dénonçons toujours la présence des poids lourds qui sont beaucoup trop polluants aux heures d’embouteillage. Ils représentent l’équivalant de 5 à 6 voitures individuelles : leur consommation passe de 40 à 170 litres lorsqu’ils roulent à vitesse réduite. Pour améliorer encore plus ces effets positifs sur la qualité de l’air, tout doit être mis en œuvre pour favoriser les déplacements en transports en commun, le co-voiturage, les modes de déplacements doux et le transfert du transport routier vers le ferroutage qui éviterait l’asphyxie de toutes les grandes agglomérations tant à l’échelle de Toulouse que celle de l’Europe entière ».

(1) chiffres obtenus grâce au comptage trafic effectué par la DDE de juin à août 2005, 2006 et 2007. Selon la préfecture, « ce sont des estimations préliminaires très simplifiées du gain attendu pour les oxydes d’azote. Ces résultats devront être consolidés par une étude de modélisation. »

 

PPA, qu’es aquo ?

La décision s’inscrit dans le cadre du plan de protection de l’atmosphère (PPA) que toute ville de plus de 250 000 habitants doit mettre en place selon la loi sur l’air de 1996. Le PPA comprend une série de 25 mesures concernant les sources de pollution fixes (usines…), mobiles (voitures…), l’urbanisme et l’information du public. Il a été adopté ici en avril 2006.

Savez-vous que la Terre se refroidit ? Non, je ne me moque pas de vous. Et ceci est bien loin d’être rassurant… On sous-estimerait la part du refroidissement – dû à un obscurcissement du ciel – dans le réchauffement climatique.

Ceux d’entre vous qui ont suivi le passionnant documentaire britannique intitulé Dans l’ombre du ciel, diffusé lundi 24 septembre sur Arte savent tout ou presque du sujet. Pour les autres, je vous propose une session de rattrapage.

Le phénomène est dû à de minuscules particules de suie, de cendre et de dioxyde de soufre que l’on retrouve en suspension sur trois kilomètres d’épaisseur dans notre haute atmosphère. Elles réfléchissent les rayons du soleil, et ont tendance à fixer les particules d’eau et donc à former des nuages, ce qui renforce l’effet miroir.

Le biologiste anglais Gérald Stanhill est le premier à s’être penché sur le problème. Dans les années 60, il décide de mesurer l’ensoleillement en Israël. Trente ans plus tard, il constate que cet ensoleillement a diminué de 22 %. Ses travaux ne sont pas sérieusement pris en compte : on lui rétorquait que la température aurait dû diminuer en proportion, ce qui n’était nullement le cas. Ailleurs, d’autres chercheurs aboutissent à des conclusions comparables. Le fait est donc établi : entre les années 1950 et le début des années 1990, le rayonnement solaire a diminué de 10 % aux Etats-Unis, et de presque 30 % en Russie. Les pays occidentaux, les plus pollués, et les pays qui se développent vitesse grand V (Inde, Chine) sont les plus concernés.

D’un côté, les gaz à effet de serre font augmenter la température, de l’autre ces particules, en réduisant l’ensoleillement, la réduisent. En d’autres termes, l’augmentation générale de la température serait beaucoup plus forte sans ce nuage de pollution, créé par les voitures, les usines et les avions, qui réduit, sur de vastes surfaces du globe, l’effet du rayonnement solaire.

« On croyait vivre dans un monde qui se réchauffait, mais c’était faux. On vit dans un monde qui se réchauffe et qui s’obscurcit. Maintenant qu’on réduit l’obscurcissement, il ne va plus rester que le réchauffement, et il sera bien plus fort qu’on ne le pensait », affirme la climatologue allemande Beate Liepert.

 

c’est la permière partie du docu, en anglais, les suivantes sont , , et .

 

Sur Arte, le documentaire sera rediffusé vendredi 28/09 à 15h10, vendredi 12/10 à 14 heures et jeudi 18/10 à 14 heures.

Il est aussi disponible pour 2,99 € sur ArteVOD

Un bon plan pour les Toulousains ou ceux qui ne sont pas loin.

Connaissez-vous la Maison régionale de l’environnement (MRE) ? Vous vous dites peut-être cela sert uniquement pour trouver des infos précises concernant l’environnement, ou que c’est encore un espace où on va vous expliquer qu’il faut éviter de laisser votre télé en veille…

Et bien détrompez-vous ! La MRE est ici particulièrement dynamique et propose un tas de choses très intéressantes, au delà de l’explication « anti-veille » :

  • les classiques débats-tables rondes, qui sont proposés à l’heure du petit déjeuner. Je suis allée hier à celui sur les transports. En octobre, cela tournera sur les équipements de la maison, et en novembre sur les « éco-produits ».
  • les ateliers-enfants du mercredi. Lors de mes débuts dans le journalisme, je n’en ratais pas un pour La Dépêche ! Et bien au moins, j’ai testé pour vous : c’est très bien. Empreintes, mini-élolienne, livre végétal… Si vous voulez offrir un bol d’air à vos bambins le mercredi après-midi sans prendre la voiture, c’est la solution idéale.
  • les ateliers adultes. C’est assez nouveau, je pense que ça découle du succès de ceux pour les enfants. Le premier de la saison a lieu mardi prochain à 18h30 : un cours de cuisine de saison (avec le dîner !). Ensuite, on vous aidera à faire le diagnostic de votre consommation d’énergie, à tailler vos arbres (bon là je vois moins le rapport avec l’écologie…), à vous repérer parmi tous les produits « verts », et même à faire votre propre papier pour Noël.

Il y a aussi bien sûr des expos temporaires, un centre de ressources, plusieurs associations y ont leur siège… Bref, il faut y aller !

Un nouveau mouvement de protestation est en train de couver, entre les cabines d’essayage et les rayonnages des grandes enseignes de mode : les tee-shirts, vestes, jeans et autres bermudas en ont marre. On en les regarde pas assez, y a pas que le physique qui compte, zut !

Marque, prix, taille, l’acheteur en a vite fait le tour. S’il est un peu plus consciencieux, il cherchera éventuellement la matière, le mode de lavage et le pays de fabrication (qui ne tient pas compte des provenances des diverses matières premières, mais seulement du lieu final de confection et de transformation).

Mais de ce qui fait vraiment l’âme du produit, l’activité humaine, économique et environnementale qui lui ont permis d’exister, point. Partant de ce constat, Switcher, une marque suisse engagée a développé le label Respect inside, garant non de la qualité, mais de la traçabilité des vêtements. Du champs de coton au cintre, le consommateur peut ainsi savoir ce qui est arrivé à son tee-shirt.

 

ADN et CO2

Sur l’étiquette des vêtements respect-inside figure un numéro qui, reporté sur le site internet, dévoile son ADN : acteurs de la filière de production, conditions de travail, certifications, impact environnemental (avec notamment le calcul des émissions de CO2)… Le site est ouvert à toutes les entreprises. Pas de militantisme, Respect-inside n’a pas pour but de désigner les gentils et les méchants. Les entreprises doivent d’abord passer par un mécanisme d’auto-évaluation électronique, puis elles présentent toutes les informations sur leur filière. Tout est bien évidemment contrôlé par Respect-inside qui complète leurs dossiers avec les rapports de sociétés d’audit et d’ONG, en plus de leurs propres enquêtes. Les partenaires s’engagent à respecter la charte, et à toujours améliorer les conditions de vie et de travail des personnes employées, d’un bout à l’autre de la chaîne.

Ne vous attendez pas à trouver sur la plateforme les produits Zara ou Nike… On trouve surtout pour l’instant les gammes de Switcher, et de quelques petits labels suisses .

Prenons Bob. Col rond, uni, 100% coton, Bob est le tee-shirt de base de la gamme Switcher. Mais il n’est pas que ça. Grâce à son ADN, on découvre que Bob a émis 5,2 kg de CO2 pour venir au monde (l’équivalent de 30km en voiture). Il est né dans les bras de l’entreprise Premdurai qui carbure à l’énergie éolienne, et avant d’arriver là, son coton est passé par une filature indienne certifiée ISO 14001, puis par une teinturerie recyclant 95% de son eau. Pour arriver jusqu’à son propriétaire, Bob n’a pas pris l’avion, mais le bateau jusqu’en Europe, puis le train ou une péniche jusqu’en Suisse.

Et voilà, Bob est tout fier et peut désormais profiter de sa petite vie sur le torse de Tom, Sam ou Ben. Il aime son maître et se dit que, lui au moins, il l’aime pour ce qu’il est vraiment à l’intérieur.

C’est une déclaration de Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable, faite à un groupe de parlementaires de ma majorité lundi, et confirmée au journal Le Monde aujourd’hui.

Dans le cadre du « Grenelle de l’environnement », le gouvernement préparerait donc un gel de la commercialisation des semences OGM, tout en autorisant la poursuite des recherches en laboratoire.

Selon Le Monde, « si cette position n’est pas encore officielle, elle enregistre les avancées réalisées dans le cadre du groupe OGM du Grenelle de l’environnement. Ce groupe, qui doit se réunir une nouvelle fois vendredi 21 septembre, est présidé par Jean-François Le Grand (sénateur UMP de la Manche). Il a déjà acté le principe d’une nouvelle loi sur les OGM, qui durcira les possibilités de cultures et encadrera beaucoup plus rigoureusement qu’aujourd’hui leur régime d’autorisation. »

Jean-François Le Grand explique avoir discuté avec Jean-Louis Borloo : « Il m’a dit clairement qu’il n’y aurait pas de moratoire, mais que toutes les autorisations sont actuellement gelées et que l’on prolongerait cette situation jusqu’au vote de la loi. »

Le gel serait assez simple a appliquer puisque le seul OGM cultivé en France est le maïs MON 810 – un maïs Bt. Or son autorisation doit justement être renouvelée dans les mois qui viennent, au niveau européen. D’autres sont en attente d’autorisation. Si la France refuse, on devrait éviter la culture de maïs OGM à grande échelle la saison prochaine.

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