Ma vie avec les chimpanzés, de Jane Goodall, est un des livres qui m’a le plus marquée, celui que j’ai le plus relu lorsque j’avais une dizaine d’années.

Cette grande dame qui a aujourd’hui 73 ans a vécu pendant plusieurs années sur les rives du lac Tanganika (à Gombé) avec les chimpanzés, afin de les observer dans leur environnement naturel. En octobre 1960, elle observe un chimpanzé en train de fabriquer et d’utiliser des outils pour attraper des termites. Cette découverte ébranle la définition de l’être humain de l’époque : on pensait que nous étions les seuls à pouvoir imaginer et fabriquer des outils. Jane Goodall a prouvé que les chimpanzés sont biologiquement semblables aux humains, qu’ils démontrent de nombreuses capacités intellectuelles, chassent pour se procurer de la viande, utilisent des outils et que les membres d’une même famille maintiennent des liens forts durant toute leur vie. 

Aujourd’hui, elle parcourt la planète de conférences en rencontres afin de partager son expérience et de nous sensibiliser à la protection des grands singes : chimpanzés, bonobos, gorilles et orangs-outans. Tous sont menacés d’extinction à très court terme. Estimée à un million dans les années 60, la population de chimpanzés est tout au plus de 150 000 individus aujourd’hui en Afrique. Sans mobilisation immédiate et à grande échelle, le dernier orang-outan pourrait disparaître d’ici 2020.

Il y a le problème de la déforestation, qui les prive de leur habitat et de leur garde-manger, mais aussi le braconnage. En Afrique centrale, les compagnies d’exploitation forestières étrangères ont éventré les forêts, ouvrant la voie aux chasseurs qui tuent tout ce qui bouge. « C’est illégal, mais franchement, qui s’en préoccupe ? », s’interroge Jane Goodall lors d’une conférence donnée à la Cité des sciences et de l’industrie dans le cadre des enregistrements pour l’émission de France Culture, « Les chemins de la connaissance ». 

La suite, et surtout le plus intéressant, passionnant, c’est en live, par ici 

« Grâce à notre langage nous sommes probablement les êtres les plus intellectuels de cette planète, et pourtant nous détruisons cette planète, le seul foyer que nous ayons. Je ne comprends pas comment, avec un cerveau aussi brillant, nous pouvons faire autant de mal à la planète. J’ai l’impression qu’il y a eu une comme une déconnexion entre notre cerveau si brillant et le cœur de l’être humain. Je place dans le cœur le siège des émotions et bien entendu l’amour de la planète. » 

« Pour avoir de plus en plus de viande, on élève les animaux de façon intensive… On peut se moquer complètement des animaux qui souffrent, de l’environnement, mais est-ce qu’on se moque vraiment complètement de la santé humaine ? Il y a un grand danger dans ces fermes intensives car pour conserver les animaux en vie, ils leur donnent des antibiotiques de façon régulière, et donc de plus en plus de bactéries sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques. »

« Chacun d’entre nous, chaque individu, est vraiment important chaque jour de sa vie. » 

« Mes quatre raisons d’espérer : l’énergie et le dynamisme des jeunes, notre incroyable cerveau […], le pouvoir de régénération de la nature […], et l’indomptable esprit humain qui fait qu’il y a des gens qui continueront jusqu’au bout et qui n’abandonneront jamais ce qu’ils ont envie de faire. »

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