J’adore partir faire les courses dans mon magasin bio avec mon grand cabas effet léopard… le top du chic ! Total bobo bien sûr puisque ce sac a été acheté pour moins d’1 € à Champion. Pour nous aider à définitivement perdre l’habitude des sacs de caisse à usage unique, certaines enseignes – ici en partenariat avec le WWF – essaient de rendre les sacs réutilisables de plus en plus sexy.

Entre ces efforts, et la prise de conscience – surtout ! – des consommateurs, ça marche : en 2005, en France, 5,9 milliards de sacs de caisse ont été utilisés, contre 10,5 milliards en 2002. Et ce malgré le retard du décret d’application de la loi de janvier 2006 qui décidait d’interdire totalement les sacs de caisse à usage unique en plastique non biodégradable d’ici 2010. La faute à la Commission européenne qui rejette une interdiction totale et préfèrerait par exemple la mise en place d’une taxe. Encore une fois, la loi ne sera pas innovante et audacieuse, et ne fera que légiférer sur des habitudes déjà en place.

C’est dommage, mais peut importe, l’essentiel est dans les chiffres. Chez Auchan par exemple, des 1,3 milliards de sacs jetables distribués en 2003, on devrait passer à 40 millions en 2007. Avec le vertige des zéros, le chiffre paraît encore énorme, mais cela représente pourtant une diminution de 96 %.

Pour les yaourts, nouilles, conserves de ravioli et autres paquets de papier toilette, nous arrivons parfaitement à nous passer de sacs jetables. Cela devient beaucoup plus compliqué lorsqu’il s’agit d’un simple CD, tube de rouge à lèvre ou lot de stylos… Les petits commerçants ont encore le réflexe de nous donner systématiquement un sac et nous n’avons pas encore celui de refuser.

Ce sont souvent des achats de dernière minute, moins planifiés que le remplissage bi-hebdomadaire du frigo et des placards. Nous pourrions cependant prendre l’habitude d’avoir une petite poche plastique sur nous (non mémé, pas dans le soutien-gorge, tu as un sac à main !). Personnellement, je n’y arrive pas encore, mais dans ce cas, je ne prend un sac que chez le premier commerçant. Se pose alors le problème de la pub… La CCI de Dijon a donc proposé aux commerçants du centre-ville un sac collectif réutilisable, sans succès. Il faudra encore un peu de temps pour cela…

Ce qui n’empêche pas certaines petites communes, comme Yerres, dans l’Essonne (gérée par Nicolas Dupont-Aignan, député-maire UMP) de montrer l’exemple. La plupart des commerçants ont accepté de remplacer les sacs polluants par des sacs en papier, biodégradables, en tissu réutilisables… ou pas de sac du tout. Ils décrochent ainsi un « éco-label » décerné par la mairie qui a parallèlement envoyé un cabas en coton équitable à chaque foyer yerrois. Des initiatives de ce type ne peuvent que difficilement être reprises au niveau national, c’est aux autorités locales de se montrer innovantes et audacieuses.

Alors M. Moudenc (maire de Toulouse), quand vais-je recevoir mon sac en coton éthique et bio, effet croco, pour mes emplettes dans la toute nouvelle rue Alsace-Lorraine ?

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