Depuis deux ans, les automobilistes toulousains ont pris l’habitude de lever le pied sur la rocade pendant l’été. Désormais, on aura un peu l’impression d’être toute l’année en vacances : le préfet de la Haute-Garonne, Jean-François Carenco a confirmé mardi la décision de limiter définitivement la vitesse sur le périphérique à 90 km/h pour les voitures et 80 km/h pour les poids lourds.

« Nous n’avons que des raisons positives de limiter définitivement ce périphérique à 90 km/h : les études le prouvent, cela diminue chaque été de 10% la pollution donc c’est un meilleur respect de l’environnement toulousain. On vit tous ensemble donc il faut que tout le monde prenne conscience de ce geste simple : rouler moins vite, c’est moins polluer ! », argumente Jean-François Carenco.

Pour l’environnement, la réduction estivale de la vitesse, c’est tout bénef. Cette année, on a économisé 1 500 tonnes de carburant (-10,1%) et 4 500 tonnes de CO2 (-10,1%). On a évité le rejet dans l’atmosphère de 18 tonnes d’oxydes d’azote (les gaz qui provoquent les pics d’ozone, – 10,9 %), 1,3 tonne de composés organiques volatiles (-0,9%), et 2,4 tonnes de particules en suspension (-18,4%). Chaque jour, c’est comme si 38 000 personnes avaient laissé leur voiture au garage. (1)

Ne pas croire à la solution miracle

Plutôt une très bonne nouvelle donc. Mais cela ne va pas régler tous les problèmes, comme le souligne Alain Ciekanski des Amis de la Terre de Midi-Pyrénées : « Cette décision soutenue à l’unanimité démontre que les mentalités évoluent dans le bon sens. Cependant nous dénonçons toujours la présence des poids lourds qui sont beaucoup trop polluants aux heures d’embouteillage. Ils représentent l’équivalant de 5 à 6 voitures individuelles : leur consommation passe de 40 à 170 litres lorsqu’ils roulent à vitesse réduite. Pour améliorer encore plus ces effets positifs sur la qualité de l’air, tout doit être mis en œuvre pour favoriser les déplacements en transports en commun, le co-voiturage, les modes de déplacements doux et le transfert du transport routier vers le ferroutage qui éviterait l’asphyxie de toutes les grandes agglomérations tant à l’échelle de Toulouse que celle de l’Europe entière ».

(1) chiffres obtenus grâce au comptage trafic effectué par la DDE de juin à août 2005, 2006 et 2007. Selon la préfecture, « ce sont des estimations préliminaires très simplifiées du gain attendu pour les oxydes d’azote. Ces résultats devront être consolidés par une étude de modélisation. »

 

PPA, qu’es aquo ?

La décision s’inscrit dans le cadre du plan de protection de l’atmosphère (PPA) que toute ville de plus de 250 000 habitants doit mettre en place selon la loi sur l’air de 1996. Le PPA comprend une série de 25 mesures concernant les sources de pollution fixes (usines…), mobiles (voitures…), l’urbanisme et l’information du public. Il a été adopté ici en avril 2006.

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