octobre 2007


 

Je n’ai pas encore eu le temps d’aller faire un tour chez mon marchand de journaux pour acheter le hors-série de Science & vie sur le climat. Ça ne saurait tarder, ce sera sans doute ma lecture du week-end.

Je n’en ai pour l’instant vu que le sommaire : cela a l’air très intéressant, pointu sans être incompréhensible, comme d’habitude. Si vous voulez mettre au clair vos idées sur ce sujet, n’hésitez pas, c’est une valeur sûre !

J’ai par contre pris le temps de faire un tour sur le site internet mis en place spécialement avec la sortie du numéro, très bien fait lui aussi.

On y trouve :

  • un forum où, une fois inscrit, on peut par exemple débattre des conséquences du réchauffement climatique.
  • le blog d’Yves Sciama, qui a assuré la rédaction en chef déléguée du hors série climat de Science et Vie. Il y a déjà plein d’articles intéressants. Notamment « Le GIEC… ou la vie en rose » où le journaliste explique que « la défaite des climatosceptiques [a] en quelque sorte libéré la parole des scientifiques. Ceux-ci, désormais, n’hésitent plus à faire au GIEC le reproche de minimiser la gravité de la situation et à rappeler les limites des modèles. Plusieurs articles scientifiques récents illustrent parfaitement ce nouveau phénomène… »

Et surtout, le simulateur climatique, mis au point avec Météo France. Selon l’humeur, optimiste ou pessimiste, on choisit un scénario, le mode d’affichage (saisons ou semaines), et hop, on a une idée du temps qu’il fera par chez nous entre 2050 et 2100. Il est bien précisé « que cet outil ne fournit pas des prévisions météorologiques. Comme tout modèle climatique, Arpège-Climat génère des projections, à partir de différents scénarios d’avenir. Ces scénarios, établis par des économistes, dépendent largement des évolutions des sociétés humaines selon qu’elles seront, à l’avenir, plus ou moins émettrices de gaz à effet de serre. Si un autre modèle climatique régional avait été retenu pour ce simulateur,les résultats obtenus différeraient pour une semaine particulière, tout en restant globalement cohérents. »

C’est très bien fait, très ergonomique. Et passionnant.

 

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Et, à noter sur vos tablettes, du 9 au 14 octobre se tiendra le 4e Forum international de la météo à La Cité des sciences de La Villette, à Paris. Le samedi 13 octobre à 17h une rencontre-débat organisée sur la simulation climatique, en présence de Philippe Chambon, rédacteur en chef de « Science & Vie », et d’un représentant de Météo-France.

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La production d’un litre de carburant issu de l’agriculture peut avoir un impact jusqu’à deux fois plus important sur l’effet de serre que la combustion de la même quantité de combustible fossile. Ce sont les résultats des travaux de recherche menés par Paul Crutzen – prix Nobel de chimie en 1995, pour ses travaux sur la dégradation de la couche d’ozone stratosphérique – publiés dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions.

Lorsqu’un agrocarburant se consume, selon la règle « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », il ne relâche dans l’atmosphère que le carbone absorbé par la plante lors de sa croissance. Mais cette même croissance, dans le cadre d’une agriculture intensive, aura émis énormément de protoxyde d’azote (N20), un gaz qui, pour une même quantité, participe 296 fois plus à l’effet de serre que le dioxyde de carbone (CO2). Le protoxyde d’azote provient de la dégradation des engrais azotés par les sols.

La combustion de biodiesel issu du colza (80 % de la production européenne de cet agrocarburant) contribue ainsi 1 à 1,7 fois plus au réchauffement que l’utilisation d’une énergie fossile en quantité équivalente.

Suite aux travaux de Crutzen, David Reay, de l’université d’Édimbourg, a fait ses petits calculs : si le Sénat américain persiste à vouloir multiplier par sept la production d’éthanol à base de maïs d’ici à 2022, cela provoquera une hausse des émissions de gaz à effet de serre liées au transport de 6%.

Imaginons. Vous avez envie de rejoindre des amis à la campagne le temps d’une après-midi (de 12 heures à 19 heures), à environ 50 km de chez vous. Vous décidez d’y aller en utilisant le service d’autopartage de votre ville. Cela va vous coûter environ 4€ à la réservation, puis 2€ de l’heure et 0,30 € par kilomètre, ce qui nous fait – sortez la calculette ! – 48 €. Vu comme ça, la première réaction est de se dire que ce n’est pas donné.

Déjà, une voiture n’est pas faite pour transporter une seule personne : si vous embarquez quatre copains (le maximum à moins d’en mettre dans le coffre), on tombe à moins de 10 € par personne. Mais là, il s’agit d’un calcul à court terme. Et d’abord, vous n’avez peut-être pas d’amis, ou ils sont déjà tous à la campagne.

L’autopartage impose des calculs sur le long terme. Il faut évaluer le coût d’une voiture personnelle, ce que l’on évite en général de faire, par optimisme forcené. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a mis au point un outil en ligne vous permettant d’évaluer le coût de votre véhicule. Et les services d’autopartage ont fait plusieurs comparatifs. Mobilib à Toulouse (réunion ce soir !), par exemple, a calculé qu’une voiture individuelle coûte 320 €/mois et 3 863 €/an, contre respectivement 133 € et 1 602 € pour une voiture en autopartage (20 utilisations et 40h / mois, 5 000 km / an).

Le calcul est à ajuster en fonction de vos habitudes et de vos besoins. « Un service d’autopartage ne convient pas du tout à quelqu’un qui utilise son véhicule matin et soir pour se rendre sur son lieu de travail, explique Erwan Vermel, président de Mobilib. Cela convient à ceux qui font moins de 10 000 kilomètres par an, et qui habitent en ville, ou du moins dans un bon réseau de transport en commun. L’autopartage doit être la dernière solution, lorsque la marche, le vélo, le bus ou le métro ne sont pas possibles. » Lorsqu’on possède une voiture, on se retrouve souvent à l’utiliser par facilité, parce qu’elle est là. L’autopartage incite les utilisateurs à concevoir différemment leurs modes de transport. De façon plus économique. Et écologique.