Imaginons. Vous avez envie de rejoindre des amis à la campagne le temps d’une après-midi (de 12 heures à 19 heures), à environ 50 km de chez vous. Vous décidez d’y aller en utilisant le service d’autopartage de votre ville. Cela va vous coûter environ 4€ à la réservation, puis 2€ de l’heure et 0,30 € par kilomètre, ce qui nous fait – sortez la calculette ! – 48 €. Vu comme ça, la première réaction est de se dire que ce n’est pas donné.

Déjà, une voiture n’est pas faite pour transporter une seule personne : si vous embarquez quatre copains (le maximum à moins d’en mettre dans le coffre), on tombe à moins de 10 € par personne. Mais là, il s’agit d’un calcul à court terme. Et d’abord, vous n’avez peut-être pas d’amis, ou ils sont déjà tous à la campagne.

L’autopartage impose des calculs sur le long terme. Il faut évaluer le coût d’une voiture personnelle, ce que l’on évite en général de faire, par optimisme forcené. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a mis au point un outil en ligne vous permettant d’évaluer le coût de votre véhicule. Et les services d’autopartage ont fait plusieurs comparatifs. Mobilib à Toulouse (réunion ce soir !), par exemple, a calculé qu’une voiture individuelle coûte 320 €/mois et 3 863 €/an, contre respectivement 133 € et 1 602 € pour une voiture en autopartage (20 utilisations et 40h / mois, 5 000 km / an).

Le calcul est à ajuster en fonction de vos habitudes et de vos besoins. « Un service d’autopartage ne convient pas du tout à quelqu’un qui utilise son véhicule matin et soir pour se rendre sur son lieu de travail, explique Erwan Vermel, président de Mobilib. Cela convient à ceux qui font moins de 10 000 kilomètres par an, et qui habitent en ville, ou du moins dans un bon réseau de transport en commun. L’autopartage doit être la dernière solution, lorsque la marche, le vélo, le bus ou le métro ne sont pas possibles. » Lorsqu’on possède une voiture, on se retrouve souvent à l’utiliser par facilité, parce qu’elle est là. L’autopartage incite les utilisateurs à concevoir différemment leurs modes de transport. De façon plus économique. Et écologique.

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