La production d’un litre de carburant issu de l’agriculture peut avoir un impact jusqu’à deux fois plus important sur l’effet de serre que la combustion de la même quantité de combustible fossile. Ce sont les résultats des travaux de recherche menés par Paul Crutzen – prix Nobel de chimie en 1995, pour ses travaux sur la dégradation de la couche d’ozone stratosphérique – publiés dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions.

Lorsqu’un agrocarburant se consume, selon la règle « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », il ne relâche dans l’atmosphère que le carbone absorbé par la plante lors de sa croissance. Mais cette même croissance, dans le cadre d’une agriculture intensive, aura émis énormément de protoxyde d’azote (N20), un gaz qui, pour une même quantité, participe 296 fois plus à l’effet de serre que le dioxyde de carbone (CO2). Le protoxyde d’azote provient de la dégradation des engrais azotés par les sols.

La combustion de biodiesel issu du colza (80 % de la production européenne de cet agrocarburant) contribue ainsi 1 à 1,7 fois plus au réchauffement que l’utilisation d’une énergie fossile en quantité équivalente.

Suite aux travaux de Crutzen, David Reay, de l’université d’Édimbourg, a fait ses petits calculs : si le Sénat américain persiste à vouloir multiplier par sept la production d’éthanol à base de maïs d’ici à 2022, cela provoquera une hausse des émissions de gaz à effet de serre liées au transport de 6%.

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