Pile dans les temps, après le 14 juillet, elles ont attrapé la deuxième vague des départs en vacances. Des invitées si urticantes – quand même, ne pas avoir de cœur ni de cerveau, mais venir gratouiller les jambes des baigneurs, elles sont bien vicieuses – que les pompiers seraient intervenus plus de 500 fois, mardi.

Méduses au musée océanographique de Valence / photo Matteo de Felice, creative common /

Méduses au musée océanographique de Valence // photo Matteo de Felice, creative commons

Le phénomène pourrait paraître bien anodin s’il n’était aussi récurrent. Jusqu’ici, en se basant sur deux siècles de relevés, on avait pu établir des cycles d’environ douze ans : la méduse apparaissait pendant une période de deux à sept ans, puis disparaissait cinq ans. Mais, cet été, la demoiselle revient en huitième année. Pelagia noctiluca a le mauvais goût de faire fi des statistiques. Gabriel Gorsky, chercheur du CNRS à l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-mer, rappelle ici que ce sont des organismes qui se déplacent en bancs énormes, de façon aléatoire au gré des vents et des courants.

Alors, à qui la faute si on se retrouve avec une indélicate entre les jambes lorsqu’on se baigne ? « À l’homme, répond sans hésiter Gabriel Gorsky. Quand vous prélevez des compétiteurs ou des prédateurs, les méduses envahissent le milieu. Quand vous augmentez la température, c’est favorable aux méduses. » Certaines tortues ingurgitent jusqu’à 100 kg de méduses par jour, mais dérangées par les activités humaines, elles se sont faites bien rares. D’autres invoquent la raréfaction du thon rouge. Mais pour Patrick Lelong, biologiste à l’Institut océanographique Paul Ricard aux Embiez (Var), cela ne tient pas la route : « Personne n’a jamais retrouvé une méduse dans l’estomac d’un thon », déclare-t-il dans Libération. Les polluants chimiques, auxquels la méduse serait particulièrement résistante, alors que certains font proliférer le phytoplancton, et donc son casse-croûte, sont aussi pointés du doigt. « Ce sont des organismes très opportunistes, conclut Gabriel Gorsky. Ils sont là depuis 600 millions d’années et sont très bien adaptés au milieu. »

Une idée : et si on faisait des sushis aux méduses, en lieu et place du thon rouge ?

[edit : ça fait une jolie chute, mais évitez l’association « trop de sushis, plus de thon rouge, des marées de méduses », c’est un poil plus compliqué…]

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