Cela fait plusieurs fois que j’entends que le photovoltaïque présente un bilan négatif pour la planète puisque la fabrication des panneaux est une industrie très énergivore, sans savoir ce qu’il en est vraiment… Allez, je vous donne le verdict avant les explications : le bilan entre l’énergie consommée et celle produite est positif.

// photo Humanoïde / creative commons //

// photo Humanoïde / creative commons //

À ne pas confondre avec le solaire thermique, pour l’eau chaude sanitaire par exemple, qui utilise directement l’énergie, la chaleur du soleil, le photovoltaïque (PV) produit de l’énergie électrique à partir de la lumière. Et ce grâce à des cellules de semi-conducteur, en l’occurrence du silicium. Le silicium est l’élément le plus abondant sur Terre après l’oxygène, mais il n’existe pas à l’état libre, on ne le trouve que sous forme de composé, notamment dans la silice, un minerai non renouvelable mais dont on ne devrait pas manquer tout de suite non plus puisqu’elle représente 27% de la croûte terrestre.

Pour le PV, le silicium doit être très pur (plus 99%), ce qui impose un traitement à très haute température et avec des produits dangereux tels que l’acide chlorhydrique. La première usine française de traitement du silicium pour l’industrie photovoltaïque s’installera d’ici 2010 en Provence, dans la vallée de la Durance, sur un site déjà classé Seveso II. L’usine chimique Silpro devrait être alimentée par une centrale hydroélectrique, énergie renouvelable, donc.

Purification, cristallisation, découpage, fabrication des modules PV, transport et installation : du soleil au kW, le chemin est long. Selon Jean-Michel Parrouffe du département Énergies renouvelables à l’Ademe – dans Terra economica – l’énergie « grise » dépensée est remboursée en deux ans environ. L’IEA (International Energy Agency) va aussi dans ce sens : en Europe, en fonction de l’ensoleillement, les panneaux PV mettent de un à trois ans pour amortir leur fabrication. Ils sont sensés devenir trentenaires, c’est-à-dire qu’ils produiront 10 à 30 fois l’énergie consommée entre la mine et le toit. Des données qui doivent pouvoir être optimisées dans les années à venir.

Reste le problème du recyclage, peu pris en compte jusqu’à présent puisque très peu de panneaux sont aujourd’hui en fin de vie. Logiquement, ils devraient intégrer la filière des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE).

Publicités