Pour les Kiribatiens, le compte à rebours a commencé. Dans moins de 50 ans, ce paradisiaque archipel du Pacifique Sud, quelque part entre Hawaï et l’Australie, sera sous l’océan, dépassé par l’élévation du niveau de la mer. Selon ABC, repris par Courrier International, il ne s’agit pas de faire peur avec une prophétie apocalyptique. En 1989, un rapport de l’Onu avertissait déjà de cette possibilité. Dix ans plus tard, deux îlots ont été submergés. Pied de nez aux prévisions humaines, il s’agissait des îles de Tebua Tarawa et d’Abanuea, dont le nom signifierait quelque chose comme :  »la plage qui va durer le plus longtemps ».

Drapeau de ce petit état d'Océanie.

Drapeau de ce petit état d'Océanie.

Sur la carte, Kiribati ne représente que 33 petits points. Seuls onze sont habités de manière permanente, mais ils abritent tout de même 105 000 personnes ayant besoin d’une nouvelle patrie. Le président, Anote Tong, ne chôme pas, il a entrepris une tournée internationale qui n’émeut pas grand monde pour l’instant. Seul le gouvernement néo-zélandais a accepté de recevoir les réfugiés climatiques ; les autres géants de la région, la Chine et l’Australie notamment, snobent la requête. Le chef de l’Etat rappelle que les petits archipels du Pacifique Sud ne produisent que 0,6 % de la pollution mondiale, et ce sont pourtant eux qui subissent le plus sévèrement les effets du changement climatique. Selon lui, seule la construction d’une digue de protection dans les îles Gilbert – qui accueillent la majeure partie des Kiribatiens – pourrait permettre d’empêcher que l’archipel soit englouti. Or ce chantier coûterait plus du double du PIB du pays – le deuxième plus faible du monde en parité de pouvoir d’achat, selon des données fournies par la Banque mondiale.

Kiribati n’est pas le seul archipel menacé. Tous les pays de la zone commencent à essayer d’alerter les médias et les autorités internationales. Lorsque les premiers îlots de Kiribati ont été submergés, l’archipel voisin, Vanuatu, a évacué les habitants de ses îles les plus basses. Même si, finalement, l’océan ne les a pas encore englouties.

++ cette carte flash réalisée par Le Monde : scénarios à l’horizon 2100 de la montée des eaux.

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