août 2008


Si la rentrée est aussi agitée que cette fin de mois d’août semble imperturbable, ça promet… Au menu, encore nombre d’émissions palabrant autour de la mer. Et une interrogation, que vous vous êtes sans doute posée un jour, en frottant votre linge tâché avant de le laver avec des noix de lavage par exemple (on sent le vécu, non ?) : devons-nous sacrifier nos libertés individuelles pour sauver la planète ?

// photo © élodie touret //

> Samedi 23 août

Terre à terre – France culture – 7 h

En profitant des derniers levés de soleil des vacances, écoutez Raoul Jacquin, agriculteur et membre de Kokopelli, parler des semences paysannes. (rediff de mars)

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Îles éparses – France culture – 16h

Il est temps de rentrer… en écoutant la dernière belle émission de Stéphane Deligeorges. Cette semaine à Basas da India, Juan de Nova, « et les Glorieuses que nous avons manquées ».

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> Mercredi 27 août

ça vous dérange – France Inter – 12h

Éric Lange se demandera, avec des invités pas encore annoncés, si l’équilibre écologique de la mer est en péril.

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> Podcasts

Atlas – RSR (16 août)

Émission très intéressante, sur les plantes dépolluantes, c’est-à-dire qui ont la faculté d’assainir, de détoxifier l’air, l’eau ou les sols. Avec un reportage dans un labo de biotechnologie environnementale, vous apprendrez comment la plante s’y prend pour fixer et éliminer les substances nocives.

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ça vous dérange – France inter (11 août)

C’est là que mon histoire de la tâche, de la brosse et des noix prend tout son sens ! Oui, je sais… j’aime bien être pragmatique 🙂
Alors, selon vous, devons-nous sacrifier nos libertés individuelles pour sauver la planète ?

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Tout s’explique – France Inter (12 août)

Au nord, la banquise fond. Les ours polaires sont menacés et la disparition des glaces modifierait climats et modes de vie dans des proportions considérables.
Face à ces développements préoccupants, le projet pilote de l’Union européenne pour « l’année polaire internationale », le programme Damocles (Developping Arctic Modelling and Observing Capabillities for Long-term Environmental Studies) vise à observer, comprendre et quantifier les changements climatiques en Arctique afin d’aider à la prise de décisions face au réchauffement de la planète.

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Impatience – RSR

Quel dommage que l’on ne puisse voir suffisamment à l’avance sur internet les programmes de cette belle émission de Nancy Ypsilantis… Je vous suggère d’aller farfouiller dans les archives.
La semaine passée, il y a eu une très belle série  « À travers les Pyrénées », sur les traces d’Augustin Pyramus de Candolle, botaniste de la fin du 18e siècle ; un reportage inquiétant sur la déforestation, au profit de plantations de palmiers, en Indonésie ; une enquête sur les PCB ; un entretien avec la fascinante primatologue Emmanuelle Grundmann…
Plein de choses aussi les semaines précédentes. Et allez dans tous les cas faire un tour sur le site, c’est plein de liens très intéressants pour chaque émission.

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France Info (20 août)

Un peu d’actu enfin, pour faire écho à Anne-Sophie, avec un son de France Info sur la question des huîtres du bassin d’Arcachon.
Petite remarque personnelle sur la photo, très impressionnante par la couleur rouge de l’eau : à mon avis, il s’agit de rhodamine B, un colorant inoffensif et qui se dilue vite, servant à des traçages pour mesurer par exemple la propagation d’une pollution.

Les oiseaux flânent dans le Sud, et pourraient se trouver fort dépourvus, quand le changement climatique sera venu. Une étude parue hier dans la revue britannique des Proceedings of the Royal Society révèle que les populations d’oiseaux, en France, ne déplacent pas leur zone d’habitat vers le nord au même rythme que le réchauffement climatique.

photo creative commons, by rolandhoffmann

// photo creative commons, by rolandhoffmann //

En 18 ans, la thermomètre a en moyenne grimpé de  0.068°C, ce qui signifierait qu’une température donnée s’est déplacée de  273 km vers le nord. Or les oiseaux ne sont globalement remontés que de 91 km, selon les constatations des chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et de l’université de Montpellier.
Des études avaient déjà mis en évidence cette disjonction pour certaines espèces. La nouveauté réside dans la généralisation du constat à la plupart des espèces françaises – 105 espèces ont été étudiées, sur quelque 1 500 sites.

Vincent Devictor, de l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier et principal auteur de l’étude, reconnaît qu’il ne pensait pas trouver une telle différence (182 km). « On s’attend à ce qu’il y ait des conséquences assez graves dans le sens où il est très peu probable que toutes les espèces répondent de la même façon au réchauffement : si les oiseaux accumulent un retard face au réchauffement climatique, il y a de fortes chances qu’il ne soit pas le même pour les insectes, les plantes, les mammifères… »

Il serait intéressant de connaître la capacité d’adaptation des espèces en regardant si par le passé elles ont déjà réussi à changer de régime alimentaire. Le hic risque de venir de la vitesse du changement. Mais vraiment, je ne comprends pas que les piafs rechignent à passer du menu ratatouille aux moules-frites…

Charmant petit resto toulousain, avec des amis, mardi soir. La serveuse nous présente l’ardoise : tartines, salades, magret, et plat du jour : darne de thon rouge à la sauce tomate. Derrière son piano, le patron en chante les louanges, « un magnifique poisson, pêché hier, qui m’a fait de l’œil sur l’étal du poissonnier« . Dans un clin d’œil, juste pour voir sa réaction, je lui fait remarquer que c’est du thon rouge. « Oui, oui, je sais… la pêche est interdite… Perso, j’achète. Après, tout dépend de votre idéologie ! »

Mon idéologie, comme il dit, oscillant entre pragmatisme et gourmandise, il peut m’arriver de manger du thon rouge – c’est bien rare cependant -, mais c’est en connaissance de cause, ce qui est me semble-t-il, le plus important. Je n’ai pas voulu me lancer dans de longs discours, et mes petits neurones n’ont pas réussi à se mobiliser assez vite pour livrer des chiffres sûrs. Ma remarque était plus titilleuse et curieuse que militante ; je vais essayer de me rattraper ici.

Thon rouge // illustration Iccat //

Thon rouge // illustration Iccat //

« Les scientifiques les plus optimistes affirment que les réserves ne dépassent pas une dizaine d’années », affirme le WWF. Il est très difficile de déterminer l’état exact des stocks et leur évolution, notamment faute de déclarations fiables des thoniers. En 1999, Greenpeace et l’Iccat, la commission internationale chargée de la gestion des pêcheries de thon, s’alarmaient déjà de leur épuisement, mettant en cause la pêche illégale et l’engraissement de jeunes thons dans des fermes aquacoles. Dans les vingt années précédentes, le nombre de thons rouges adultes – en âge de se reproduire – avait diminué de 80%.

Les captures de thon rouge dans l’Atlantique-Est et en Méditerranée (seul lieu de reproduction connu, avec le golfe du Mexique) ont probablement été supérieures, selon Greenpeace et l’Iccat, à 41 000 tonnes en 2004 et 44 000 tonnes en 2005, soit 37,5% de plus que le total des prises autorisées. Des captures illégales qui proviennent quasiment exclusivement de Méditerranée.

Le taux de mortalité par pêche en 2003-2004 aurait été jusqu’à trois fois supérieur au niveau qui permettrait au stock de se stabiliser. Et plus on joue avec le feu, plus on frôle – l’a-t-on déjà dépassé ? – le seuil de non renouvellement.

Selon l’Iccat, « les seuls scénarios qui ont le potentiel de remédier aux diminutions et d’amorcer le rétablissement sont ceux qui établissent une fermeture de la pêche en Méditerranée pendant la saison de frai » et imposent le strict respect de la taille minimale de capture, ainsi que la fin des pêches illégales et non déclarées. Ces prochaines années, les quotas ne devraient pas dépasser les 15 000 tonnes. Reste à convaincre les décideurs de l’urgence de la situation, argumentaire d’autant plus difficile à mettre en place que le thon rouge est une espèce caractérisée par une longue espérance de vie, les bénéfices des restrictions tarderont donc de toute façon à être visibles, pas avant une dizaine d’années selon les spécialistes.

J’ai quand même bien fait de prendre le tajine d’agneau, mardi soir.

rrrr

++ rapport Greenpeace, Mais où est donc passé le thon rouge de Méditerranée ?, pdf.

++ rapport Iccat 2006-2007, pdf.

Plus il fait chaud, plus l’atmosphère est humide – puisque l’eau est vaporisée – plus le ciel, c’est-à-dire des trombes d’eau, risque [ou risqueNT ? si quelqu’un peut me dire comment on accorde ça…] de nous tomber sur la tête. Logique, non ?

Le rechauffement climatique augmente la fréquence des fortes précipitations. // photo élodie touret //

Le réchauffement climatique augmente la fréquence des fortes précipitations. // photo © élodie touret //

Des climatologues américains et britanniques viennent ainsi de confirmer le lien entre le réchauffement climatique et l’accroissement des très fortes précipitations, en comparant des modèles informatiques et les observations satellitaires. L’étude est parue jeudi dernier dans la revue Science.

Pour comprendre comment les précipitations répondaient au réchauffement du climat, les chercheurs ont étudié les changements naturels liés au courant marin chaud El Niño dans le Pacifique sud, qu’ils ont utilisé comme un laboratoire pour vérifier leurs hypothèses. En se basant deux décennies d’observation, ils ont mis en évidence un lien très clair entre l’intensité extrême des pluies tropicales et la température de l’eau, la fréquence de très fortes précipitations augmentant durant les périodes chaudes et diminuant lors des périodes froides.

Brian Soden, professeur de climatologie à l’Université de Miami, et Richard Allan, de l’Université de Reading, en Grande-Bretagne, notent, selon l’AFP, qu’un des plus grands défis auxquels fait face l’humanité est de s’adapter aux conditions météorologiques extrêmes résultant du réchauffement de la planète, et notamment à la plus grande fréquence de fortes précipitations.

Dans la baie de San Diego, en Californie, une entreprise pêche depuis plus d’un siècle le thon blanc à la canne et à la ligne, en les sortant un à un de l’eau, ce qui évite toute prise accessoire et préserve les fonds marins. Les 21 bateaux capturent 3 à 4000 tonnes de thon blanc par an.

Au large des Cornouailles, cette langue délicate et effrontée, so britsh, tirée à la face de l’Atlantique, de petits bateaux équipés d’engins traditionnels, ont chassé de leur zone les grands chalutiers ; et taquinent là le maquereau.

Après un détour par Douarnenez la Bretonne, à la Conserverie Chancerelle qui serait la plus ancienne fabrique de conserves de sardines du monde, thon blanc et maquereau se retrouvent, baignant dans l’huile et serrés dans des boîtes, sur les rayons des supermarchés suisses Coop.

L’enseigne vient en effet de rentrer dans sa gamme de conserves ces deux produits, avec le label MSC – Marine Stewardship Council. Le MSC est une organisation indépendante d’utilité publique, fondée en 1997 pour susciter un débat sur le problème de la surpêche, et y trouver des solutions. Avec l’appui de scientifiques et d’experts, le MSC a développé un standard environnemental qui évalue les pêcheries selon leur gestion des ressources marines. Dans le monde, 30 pêcheries ont pour l’instant décroché le label bleu. Coop propose 21 références MSC, assurant que le poisson est issu d’une pêche éco-compatible. Un engagement supérieur aux enseignes françaises. Il y a un an, Coop avait déjà fait un geste fort, en accord avec le WWF Seafood Group – dont elle est co-fondatrice – en retirant de la vente plusieurs poissons sauvages menacés d’extinction : le mérou, la raie, le thon rouge et le beryx.

++ à télécharger et coller sur son frigo : le guide d’achat WWF poissons et fruits de mer, en pdf.

Bref programme cette semaine, pas trop de temps de vous dégoter des émissions sortant vraiment des sentiers battus, d’autant que peu de programmes vont au-delà de samedi… Mais cela n’en est pas moins intéressant !

N’oubliez pas le programme télé, par Agnès, sur Écolo-Info.

> Samedi 9 août

France Inter – 11 h – In extremis
D’abord, j’espère que vous n’avez pas raté l’émission de la semaine dernière, sur les abysses, je n’ai pas encore tout écouté, mais c’est déjà passionnant !
Cette semaine, Yves Paccalet est annoncé. Philosophe, écrivain, journaliste, naturaliste, scénariste, de multiples casquettes qui laissent présager un interlocuteur passionnant. Surtout quand on sait qu’il a rencontré Jacques-Yves Cousteau en 1972 et signé avec lui une vingtaine de livres.

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France Inter – 15 h – Le zapping du zapping
Tout l’été, Mathias Deguelle compile avec talent les meilleurs moments de toutes les émissions. Thème de ce samedi : sciences et écologie.

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France Culture – 16 h – Îles éparses
Toujours la surprise, pas de thème vraiment annoncé, si ce n’est se laisser entraîner par les sons… Aujourd’hui, l’île Europa.

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> Podcasts

France Info – Complément d’info
Amoco Cadiz : les déchets sont-ils toujours enfouis ? Retour sur l’enquête France de Sébastien Baer menée à l’occasion des trente ans du naufrage du pétrolier.

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France Inter – Cha cha tchache
Cartographie des déchets, avec Gérard Bertolini, économiste des déchets et Hélène Bourges, chargée de campagne au centre national d’information indépendante sur les déchets. C’était le lundi 4 août.

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RTL – C’est notre planète

C’est bref, parfois un peu simplifié, mais a le mérite d’être accessible à tout le monde. À picorer au gré des vacances. Au hasard : sur les espèces d’envahisseurs, vous découvrirez la mouche pisseuse ; apprendrez comment se recyclent les piles et les batteries, etc.

Quelques frottements, branche contre troncs, les arbres s’effeuillent… Les feuilles s’ébruitent et gémissent… La forêt s’embrase, animée par des idées friponnes, au rythme de respirations suggestives. Les racines font des nœuds ; la caméra semble projetée à la cime des arbres. “ Come together for forests« .

C’est le nouveau clip de Greenpeace, qui veut rappeler à l’Union européenne l’importance de protéger les forêts. Les images seront d’ailleurs projetées à la Commission européenne en septembre, date à laquelle a été repoussée un vote vital sur la protection des forêts contre les abattages illégaux.

L’ONG invite d’ailleurs tout le monde à faire des images pour prouver son amour pour les forêts. « Nous voulons être sûrs que les commissaires européens n’oublient pas ce vote durant leurs vacances d’été ! Nous comptons sur vous et votre créativité pour les convaincre !« , précise le site internet.

* titre de Libé, mais promis, je l’avais avant ! 😉

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