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Une info attrapée au vol ce midi sur France Info.

Bernard Laporte, actuel secrétaire d’État aux sports et homme d’affaire successful est propriétaire d’un camping sur le bassin d’Arcachon, à Pyla-sur-mer exactement. Jusque-là, rien de problématique, il a le droit de recevoir Rachida sous la tente.

Située à l'entrée sud du bassin d'Arcachon, la dune du Pyla s'étend sur 500 m d'Est en Ouest et sur 2,7 km du Nord au Sud et contient environ 60 millions de mètres cubes de sable. Elle s'élève à environ 110 mètres, mais avance inexorablement vers l'intérieur des terres, engloutissant chaque année les pins qui la retiennent. // photo © élodie touret //

Située à l'entrée Sud du bassin d'Arcachon, la dune du Pyla fait 2 700 mètres de long, 500 de large, ce qui représenterait environ 60 millions de mètres cubes de sable. Elle pointe à environ 110 mètres de haut, et avance inexorablement vers l'intérieur des terres, étouffant goulûment petit à petit les pins qui doivent être en force pour la retenir. // photo © élodie touret //

Là où ça se complique, c’est que Bernie veut agrandir son camping, déjà très proche de la dune du Pyla. Mais nous sommes en zone Natura 2000, secteur protégé où seul le ministre de l’environnement peut donner l’autorisation de construire. Laporte l’a obtenue, signée par Borloo lui-même, selon les informations de Michel Biet, journaliste qui sort ces jours-ci une biographie non-autorisée de notre ministre rugbyman, Derrière Laporte (mauvais jeu de mots pour un joueur de rugby…:-)). 1,4 hectares seront engloutis, et 150 pins coupés.

Cela semble minime, mais c’est un projet supplémentaire qui s’attaque à l’écosystème particulièrement fragile qui se développe dans ce coin, sublime qui plus est.

Il y a un peu plus d’un an, les écologistes de la région lui reprochaient d’avoir enfreint la loi littoral en faisant raboter au bulldozer le sommet de la dune du Pyla pour aménager un terrain de parapente.

Vous avez d’autres infos sur ce sujet ?

Le soleil serait dans le creux de la vague, c’est-à-dire dans la phase la plus calme de ses cycles d’activité de 11 ans. Sur The Big Picture, de fabuleuses images prises lorsqu’il est plus vif.

Savez-vous que l’inventeur du Velcro a eu cette idée géniale en se baladant un dimanche, pestant contre les feuilles de bardane qui rechignaient à se décrocher de ses pantalons ?

On appelle cela le biomimétisme (ou biomimicry en anglais, j’adore !). Plutôt que de piller la nature, on devrait de plus en plus s’en inspirer. Telle est la recommandation d’experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature, lors d’un forum à Barcelone la semaine dernière. « La biodiversité doit être considérée comme une source de solutions et non comme une source de services », explique Janine Benyus, fondatrice de la société Biomimicry Guild (Montana, aux Etats-Unis). Elle travaillerait avec des entreprises comme Boeing, General Electric, Procter et Gamble, qui demandent aux biologistes des solutions naturelles pour régler leurs problèmes technologiques. « Le biomimétisme pourrait mener le monde vers une économie verte, plus efficace », complète Achim Steiner, directeur général du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), présent au congrès de l’UICN.

// photo © élodie touret //

// photo © élodie touret //

Un livre établit déjà un top 100 des meilleures astuces de la nature, dressé par le PNUE et l’UICN, à partir d’une première liste de quelque 2 100 exemples.

Par exemple, il y a cette plante d’Afrique australe, la Myrothamnus flabelifolia qui pourrait permettre de développer des vaccins qui supporteraient de ne pas être stockés au frigo. La plante peut se dessécher, puis se régénérer grâce à des sucres produits au moment de la déshydratation, les tréhaloses, qui la protègent. Vaporisés sur le vaccin, ces sucres permettraient aux médecins de les garder plusieurs mois dans leur sacoche.

Un poil plus loin, ce sont les algues rouges d’Australie qui se sont fait remarquer par les chercheurs. Alors qu’elles vivent dans des eaux chargées de bactéries, ils ont découvert qu’elles n’avaient pas un seul biofilm sur elles. Les biofilms sont en quelque sorte des grosses fêtes de bactéries, champignons, etc ; s’ils peuvent être parfois tout à fait sains, ils sont aussi responsables de nombreuses maladies. Les algues rouges sont recouvertes d’un composé connu sous le nom de furanone halogéné, qui bloque les messages chimiques de communication entre les bactéries et les empêche de s’agglomérer pour former des biofilms. On peut imaginer des tas d’utilisations pour cette substance : pour barrer la route aux super-bactéries, comme le choléra, la légionellose ou le staphylocoque doré, notamment pour les patients les plus sensibles ; mais aussi pour vaporiser dans la cuisine ou la salle de bain, et éviter ainsi le déversement de quantités de Javel et autre M. Propre anti-bactériens, particulièrement polluants.

Et vous, qu’avez-vous imaginé inventer la dernière fois que vous avez pris le temps d’observer la nature ?

… c’est le nombre de voitures particulières électriques vendues en France au premier semestre 2008. C’est bien bien peu, mais il faut tempérer le chiffre par le nombre de véhicules hybrides vendus sur la même période : 4 101, ce qui ne représente encore que 0,36% des immatriculations totales. Le diesel mène toujours la danse du bitume, avec 78,27% (et 21,12 pour les voitures essence).

Le GNV a plus de succès que je n’aurais cru, 27 véhicules ont été immatriculés par des particuliers sur les six premiers mois de 2008.

Carrefour a ouvert en début d'année la première pompe GNV grand public, à Toulouse. // photo © élodie touret //

Carrefour a ouvert en début d'année la première pompe GNV grand public, à Toulouse. // photo © élodie touret //

Le GNV — gaz naturel véhicules — est le gaz naturel, le même qui sort de vos brûleurs quand vous faites la tambouille. Il n’a rien à voir avec le gaz de pétrole liquéfié, GPL, issu du raffinage du pétrole. On peut avoir une pompe GNV directement chez soi, il suffit de faire installer un compresseur, puisque nous sommes sur le réseau de gaz de ville, ce qui évite le transport poids-lourd de la raffinerie à la station service. À Toulouse, site pilote pour le GNV, Carrefour à ouvert une pompe GNV en février dernier. Dès l’ouverture, quatre-cinq particuliers venaient chaque jour faire leur plein. Je soupçonne donc les 27 véhicules GNV achetés de rôder dans les parages.

Début août, j’ai assisté à la 14e Université d’été de l’innovation rurale, organisée par la mission Agrobiosciences, à Marciac. Au programme cette année : « C’est par où le rural ? Notions floues, lignes de fuite et issues ». Balèze, non ? Et bien c’était très intéressant, stimulant, intelligent.

// photo © élodie touret //

Ben alors, c'est par où le rural ? // photo © élodie touret //

Je voulais en faire quelques articles ici, mais je n’en ai pas eu le temps. Heureusement, Yann a été plus efficace que moi — il gagne à l’ancienneté 😉 — je vous renvoie donc vers ses articles sur Médiblog.

Marciac (1) / Les nouveaux enjeux de la campagne

Marciac (2) / Nouvelles populations en zones rurales

Marciac (3) / Le non-art du lotissement

Marciac (4) / Un monde à réinventer d’urgence

Marciac (5) / Quatre scénarios pour l’avenir

Marciac (6) / Et ailleurs ? (entretien sonore avec Dimitris Goussios, professeur à l’université de Thessalie, en Grèce, spécialiste des questions de territoires ruraux).

Bonne lecture et écoute !

À côté de chez mes parents, un champ n’est plus cultivé depuis quelques années. Les fleurs n’y ont pas encore totalement fait leur retour. Alors à chaque printemps, je rêve d’y jeter un grand sac de fleurs des champs, pleine de bonnes intentions écolos : il faut sauver les abeilles, et la biodiversité ! Les p’tits lapins, les abeilles, les fleurs, et moi…

photo © élodie touret

// photo © élodie touret //

En semant de jolies fleurs, on offre un espace et un garde-manger aux abeilles, c’est très bien, c’est mignon même. Mais on oublie dans notre élan printannier que ce qui est bon pour les abeilles domestiques (essentiellement apis mellifera et bombus terrestris — quel nom !) ne l’est pas forcément pour les 900 autres espèces d’abeilles sauvages françaises. Les mieux à même de sauver le monde, sont les abeilles sauvages à langue longue. Point de jeux de mots à la Bigard à ce stade : meilleures pollinisatrices, elles sont plus intéressantes pour les 80% des espèces de plantes à fleurs dépendent des insectes pollinisateurs pour se reproduire. Mais voilà, ces butineuses, font la fine bouche, et ont des préférences gustatives bien marquées.

Certaines jachères apicoles sont semées uniquement de facélie à fleurs de tanaisie, une plante qui intéresse uniquement l’abeille domestique et les bourdons les plus abondants, ceux qui en ont le moins besoin. Il faudrait privilégier le sainfoin, qui serait favorable à l’ensemble des abeilles sauvages, ou encore le trèfle des prés ou le lotier. « Si l’on encourage trop l’abeille domestique, on augmente le risque de déprimer les espèces sauvages cohabitantes, et par là les plantes sauvages« , expliquent Serge Gadoum, Michaël Terzo et Pierre Razmon dans Le courrier de l’environnement de l’Inra. Ils présentent l’exemple d’une orchidée, Ophrys apifera, fidèle en fécondation puisque seule l’abeille sauvage Eucera longicornis — mes quelques années de latin me laissent penser que ça veut dire longue langue, longicornis — vient la tripoter. Eucera aime surtout les légumineuses, rarement proposées au menu de la jachère apicole. Si elle n’a rien à manger, pas folle l’abeille, elle se fait de plus en plus rare, entraînant avec elles les orchidées.

La jachère fleurie — et non plus uniquement apicole, semée par les apiculteurs qui essaient de regagner quelques terres afin de protéger et développer leur activité — a plusieurs raisons d’être. D’abord, elle agrémente le paysage, pour vous et les p’tits oiseaux. Elle améliore aussi la biodiversité, et favorise la reproduction de la faune sauvage, en leur servant de garde-manger et de refuge. Mais là encore, les sacs de graines proposant des mélanges avec nombre de variétés horticoles étrangères à la flore de nos contrées (zinnia, comos, bleuets, pavot de californie…). Or l’introduction  d’espèces étrangères est la deuxième cause de disparition des espèces dans le monde.

C’est un tout, en favorisant un écosystème adapté, même les chasseurs, en bout de chaîne, sont contents. les jachères fleuries favorisent par exemple le bon développement des nichées de perdreaux, qui se nourissent essentiellement d’insectes dans les 10 jours suivant l’éclosion.

Dans chaque département, c’est le préfet qui a autorité pour établir la liste des espèces utilisables sur les surfaces en jachère. On en reparle donc au printemps.

La première conférence interministérielle sur la santé et l’environnement a eu lieu il y a quelques jours, du 26 au 29 août, au Gabon. On en a peu entendu parler. Il faut dire que, selon un journaliste du Monde sur place, la conférence se serait « parfois enlisée, entre débats sémantiques et fastes protocolaires, faisant craindre une énième déclaration d’intention sans lendemains« .

Les trois jours se sont cependant terminés sur une déclaration signée par les 80 ministres de la santé et de l’environnement venus des 53 états africains. Ils se sont engagé à mieux coordonner leurs actions. Très bien, mais encore ?

Je trouve que le plus intéressant se situe dans ce qu’ils reconnaissent comme préalables. Pas de scoop bien entendu, mais ce n’est pas si facile de le faire écrire noir sur blanc à des gouvernements :

L’émergence de nouveaux risques environnementaux (réchauffement climatique, extensions industrielles, risques biotechnologiques, utilisation de nouvelles technologies) font peser d’autres menaces sur la santé des populations ;

L’Afrique est de toutes les régions la plus vulnérable aux conséquences des risques environnementaux sur la santé;

La gestion appropriée de l’environnement et de la santé a un impact positif sur l’économie nationale, entre autre par le biais de l’accélération des investissements étrangers et du tourisme ;

La sécurité peut être atteinte grâce à un environnement sain.

Pour les engagements, je vous laisse les découvrir ici. Rien de concret, ils restent très vagues, et n’engagent pas à grand chose, comme d’habitude. Reste à voir ce que va en fait chaque état. La seconde édition de la conférence devrait avoir lieu avant la fin 2010.

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