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Dans deux mois, Matyas repartira chez les Sàmis, dans le Grand Nord. Il prépare activement son expédition, et se replonge dans ses photos de cet été…

// photo © Matyas Lebrun //

// photo © Matyas Lebrun //

La place de l’enfant dans la communauté sàmi est très spéciale. Loin de toute notion stricte d’éducation, l’enfant est respecté dans son entière expression. Pour les Sàmis qui vivent pleinement leur culture, la relation des enfants aux parents est très complice, l’écoute est de mise, ils s’entraident beaucoup et ont peu de tabous. Chez les éleveurs de rennes, les enfants reprennent le troupeau des parents et partagent ainsi les tâches. Un vieux sàmi m’a un jour confié que les parents sàmis haussent très peu la voix sur leurs enfants : s’ils ne veulent pas aller se coucher c’est leur affaire, s’ils ne veulent pas manger, ils ne mangent pas. La simplicité de ces rapports n’a d’égal que l’écoute et le respect mutuel entre les parents et les enfants.

J’ai aussi remarqué que les enfants grandissent dans un cadre idyllique avec une nourriture saine, ce qui les éloigne de toute nervosité infantile telle qu’on peut l’observer dans nos pays industrialisés. À l’heure où la vision de l’enfant-roi issu de la révolution 68, prôné par la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto, est remise en cause en France, les Sàmis nous permettent de réfléchir sur nos propres comportements. Est-ce les enfants qui doivent s’adapter aux parents où les parents qui doivent s’adapter aux enfants ?

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Suite de la série avec les photos de Matyas, parti cet été chez les Sàmis.

// photo © Matyas Lebrun //

// photo © Matyas Lebrun //

Le lavvù est l’habitat nomade des Sàmis. Sorte de tipi, proche de ceux utilisés autrefois par les Amérindiens, le lavvù est encore utilisé en Sàpmi (Laponie) lors des migrations de printemps et d’été.

Les rennes mènent la danse car c’est eux qui, sensibles aux variations de températures, entament leur marche vers la côte dès les premières chaleurs de mai. Durant quinze à vingt jours, les éleveurs suivent les animaux dans le désert blanc du grand Nord et continuent, encore aujourd’hui, à dormir sous le lavvù. Pratique et confortable, ce cocon, fait de tronc de bouleau et de toile tendue, a traversé les âges. En son milieu crépite un feu, au-dessus duquel cuit, suspendu, un morceau de viande de renne.

On continue la série des snap shots avec Matyas !

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// photo © matyas lebrun //

Cette photo a été prise à quelques kilomètres du Cap Nord, sur les hauts plateaux. Je dois rencontrer Mathis chez lui, mais il est absent. Ses parents m’offrent le café et son frère m’apprend à lancer le lasso. « Pour pouvoir garder notre culture sàmi, une seule chose fut possible : devenir Norvégiens. Victimes des pressions étatiques scandinaves, les Sàmis se sont inclus dans la modernité qui leur a été imposée mais jamais ils n’ont oublié et quitté leurs racines : alors qu’ils partent chasser et pêcher en quad ou motoneige, ils continuent à se servir du lasso pour marquer les rennes et cultivent leur jardin secret rempli des Uldas et de Stallò, dieux et déesses de la Terre…

Vous vous souvenez de Matyas ? Je l’avais interviewé pour présenter son projet, on se connaissait tout juste, à travers son blog Archi-vert, sur Féminin bio, et Ecolo-Info. Après plusieurs échanges et des rencontres en vrai, où on a bien papoté, on a eu envie de faire un peu plus par ici, et donc de temps en temps, il viendra présenter une de ses photos prises cet été avec les Sàmis.

Je me tais et lui laisse la place. N’hésitez pas à réagir sur les photos, à dire votre sentiment, c’est toujours très intéressant pour l’auteur ! 😉

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// photo © Matyas Lebrun //

Voici une photo prise lors du festival Riddu Riddu en Norvège. Ce festival regroupe les Sàmis des quatre coins de la Laponie et s’attache à défendre les peuples indigènes dans le monde tout en leur offrant un espace d’expression. Le personnage central de cette photo est le ministre de la culture de Norvège, quelques minutes avant son discours. Il a ouvert officiellement le festival, et surprise, a déclaré accorder une bourse aux organisateurs du festival, d’un montant de… 1 000 000 couronnes norvégiennes, soit près de 120 000 euros ! Un évènement pour les Sàmis de la mer qui, en plus d’être reconnus par le royaume norvégien, se voient soutenus. Une première.