Dans deux mois, Matyas repartira chez les Sàmis, dans le Grand Nord. Il prépare activement son expédition, et se replonge dans ses photos de cet été…

// photo © Matyas Lebrun //

// photo © Matyas Lebrun //

La place de l’enfant dans la communauté sàmi est très spéciale. Loin de toute notion stricte d’éducation, l’enfant est respecté dans son entière expression. Pour les Sàmis qui vivent pleinement leur culture, la relation des enfants aux parents est très complice, l’écoute est de mise, ils s’entraident beaucoup et ont peu de tabous. Chez les éleveurs de rennes, les enfants reprennent le troupeau des parents et partagent ainsi les tâches. Un vieux sàmi m’a un jour confié que les parents sàmis haussent très peu la voix sur leurs enfants : s’ils ne veulent pas aller se coucher c’est leur affaire, s’ils ne veulent pas manger, ils ne mangent pas. La simplicité de ces rapports n’a d’égal que l’écoute et le respect mutuel entre les parents et les enfants.

J’ai aussi remarqué que les enfants grandissent dans un cadre idyllique avec une nourriture saine, ce qui les éloigne de toute nervosité infantile telle qu’on peut l’observer dans nos pays industrialisés. À l’heure où la vision de l’enfant-roi issu de la révolution 68, prôné par la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto, est remise en cause en France, les Sàmis nous permettent de réfléchir sur nos propres comportements. Est-ce les enfants qui doivent s’adapter aux parents où les parents qui doivent s’adapter aux enfants ?