La première conférence interministérielle sur la santé et l’environnement a eu lieu il y a quelques jours, du 26 au 29 août, au Gabon. On en a peu entendu parler. Il faut dire que, selon un journaliste du Monde sur place, la conférence se serait « parfois enlisée, entre débats sémantiques et fastes protocolaires, faisant craindre une énième déclaration d’intention sans lendemains« .

Les trois jours se sont cependant terminés sur une déclaration signée par les 80 ministres de la santé et de l’environnement venus des 53 états africains. Ils se sont engagé à mieux coordonner leurs actions. Très bien, mais encore ?

Je trouve que le plus intéressant se situe dans ce qu’ils reconnaissent comme préalables. Pas de scoop bien entendu, mais ce n’est pas si facile de le faire écrire noir sur blanc à des gouvernements :

L’émergence de nouveaux risques environnementaux (réchauffement climatique, extensions industrielles, risques biotechnologiques, utilisation de nouvelles technologies) font peser d’autres menaces sur la santé des populations ;

L’Afrique est de toutes les régions la plus vulnérable aux conséquences des risques environnementaux sur la santé;

La gestion appropriée de l’environnement et de la santé a un impact positif sur l’économie nationale, entre autre par le biais de l’accélération des investissements étrangers et du tourisme ;

La sécurité peut être atteinte grâce à un environnement sain.

Pour les engagements, je vous laisse les découvrir ici. Rien de concret, ils restent très vagues, et n’engagent pas à grand chose, comme d’habitude. Reste à voir ce que va en fait chaque état. La seconde édition de la conférence devrait avoir lieu avant la fin 2010.

Plus il fait chaud, plus l’atmosphère est humide – puisque l’eau est vaporisée – plus le ciel, c’est-à-dire des trombes d’eau, risque [ou risqueNT ? si quelqu’un peut me dire comment on accorde ça…] de nous tomber sur la tête. Logique, non ?

Le rechauffement climatique augmente la fréquence des fortes précipitations. // photo élodie touret //

Le réchauffement climatique augmente la fréquence des fortes précipitations. // photo © élodie touret //

Des climatologues américains et britanniques viennent ainsi de confirmer le lien entre le réchauffement climatique et l’accroissement des très fortes précipitations, en comparant des modèles informatiques et les observations satellitaires. L’étude est parue jeudi dernier dans la revue Science.

Pour comprendre comment les précipitations répondaient au réchauffement du climat, les chercheurs ont étudié les changements naturels liés au courant marin chaud El Niño dans le Pacifique sud, qu’ils ont utilisé comme un laboratoire pour vérifier leurs hypothèses. En se basant deux décennies d’observation, ils ont mis en évidence un lien très clair entre l’intensité extrême des pluies tropicales et la température de l’eau, la fréquence de très fortes précipitations augmentant durant les périodes chaudes et diminuant lors des périodes froides.

Brian Soden, professeur de climatologie à l’Université de Miami, et Richard Allan, de l’Université de Reading, en Grande-Bretagne, notent, selon l’AFP, qu’un des plus grands défis auxquels fait face l’humanité est de s’adapter aux conditions météorologiques extrêmes résultant du réchauffement de la planète, et notamment à la plus grande fréquence de fortes précipitations.

Depuis début mars, les éleveurs d’alpagas et lamas péruviens voient les pâturages se couvrir de neige et leurs bêtes affamées mourir de maladies. Les vagues de froid – le friaje en VO –  n’apparaissent normalement qu’en juin. « Le friaje est une association de basses températures hors saison, de gelées, de neige et de grêle qui cause des dégâts aux cultures et aux pâturages sur les hauts plateaux andins », explique Marc Vandersmissen, coordinateur des opérations d’urgence de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculure (FAO) au Pérou, qui vient de livrer 36 800 doses d’antiparasitaires et d’antibiotiques destinées à plus de 18 000 alpagas du district de Pilpichaca dans la province de Huancavelica.

Les lamas appartiennent à la famille de camélidés. // photo élodie touret //

Comme les alpagas, les lamas appartiennent à la famille des camélidés. // photo © élodie touret //

Dans les hautes Andes, la campagne agricole est limitée à un court laps de temps dont l’agriculteur doit profiter pour semer et récolter selon un calendrier précis afin de pouvoir nourrir sa famille. « Mais à cause des changements climatiques, les schémas traditionnels sont en train de changer, et les paysans ne sont plus en mesure de prévoir les dates des semis et des récoltes », explique le communiqué de la FAO.

Les éleveurs d’alpagas se nourrissent essentiellement de papa seca, pomme de terre sèche, avec un peu de viande séchée de leur élevage. Leur troupeau est leur unique source de revenus. Une situation qui a obligé le  gouvernement à déclarer l’état d’urgence dans 11 régions, sur les 25 que compte le Pérou. L’intervention de la FAO aurait permis de sauver 50% des 35 000 alpagas, lamas et ovins, et de venir en aide à plus de 200 familles. Mais la partie n’est pas gagnée, les pâturages naturels vers lesquels vont se tourner les troupeaux en septembre ont été fortement endommagés par le froid.

Source : FAO.