Savez-vous que l’inventeur du Velcro a eu cette idée géniale en se baladant un dimanche, pestant contre les feuilles de bardane qui rechignaient à se décrocher de ses pantalons ?

On appelle cela le biomimétisme (ou biomimicry en anglais, j’adore !). Plutôt que de piller la nature, on devrait de plus en plus s’en inspirer. Telle est la recommandation d’experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature, lors d’un forum à Barcelone la semaine dernière. « La biodiversité doit être considérée comme une source de solutions et non comme une source de services », explique Janine Benyus, fondatrice de la société Biomimicry Guild (Montana, aux Etats-Unis). Elle travaillerait avec des entreprises comme Boeing, General Electric, Procter et Gamble, qui demandent aux biologistes des solutions naturelles pour régler leurs problèmes technologiques. « Le biomimétisme pourrait mener le monde vers une économie verte, plus efficace », complète Achim Steiner, directeur général du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), présent au congrès de l’UICN.

// photo © élodie touret //

// photo © élodie touret //

Un livre établit déjà un top 100 des meilleures astuces de la nature, dressé par le PNUE et l’UICN, à partir d’une première liste de quelque 2 100 exemples.

Par exemple, il y a cette plante d’Afrique australe, la Myrothamnus flabelifolia qui pourrait permettre de développer des vaccins qui supporteraient de ne pas être stockés au frigo. La plante peut se dessécher, puis se régénérer grâce à des sucres produits au moment de la déshydratation, les tréhaloses, qui la protègent. Vaporisés sur le vaccin, ces sucres permettraient aux médecins de les garder plusieurs mois dans leur sacoche.

Un poil plus loin, ce sont les algues rouges d’Australie qui se sont fait remarquer par les chercheurs. Alors qu’elles vivent dans des eaux chargées de bactéries, ils ont découvert qu’elles n’avaient pas un seul biofilm sur elles. Les biofilms sont en quelque sorte des grosses fêtes de bactéries, champignons, etc ; s’ils peuvent être parfois tout à fait sains, ils sont aussi responsables de nombreuses maladies. Les algues rouges sont recouvertes d’un composé connu sous le nom de furanone halogéné, qui bloque les messages chimiques de communication entre les bactéries et les empêche de s’agglomérer pour former des biofilms. On peut imaginer des tas d’utilisations pour cette substance : pour barrer la route aux super-bactéries, comme le choléra, la légionellose ou le staphylocoque doré, notamment pour les patients les plus sensibles ; mais aussi pour vaporiser dans la cuisine ou la salle de bain, et éviter ainsi le déversement de quantités de Javel et autre M. Propre anti-bactériens, particulièrement polluants.

Et vous, qu’avez-vous imaginé inventer la dernière fois que vous avez pris le temps d’observer la nature ?

Les oiseaux flânent dans le Sud, et pourraient se trouver fort dépourvus, quand le changement climatique sera venu. Une étude parue hier dans la revue britannique des Proceedings of the Royal Society révèle que les populations d’oiseaux, en France, ne déplacent pas leur zone d’habitat vers le nord au même rythme que le réchauffement climatique.

photo creative commons, by rolandhoffmann

// photo creative commons, by rolandhoffmann //

En 18 ans, la thermomètre a en moyenne grimpé de  0.068°C, ce qui signifierait qu’une température donnée s’est déplacée de  273 km vers le nord. Or les oiseaux ne sont globalement remontés que de 91 km, selon les constatations des chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et de l’université de Montpellier.
Des études avaient déjà mis en évidence cette disjonction pour certaines espèces. La nouveauté réside dans la généralisation du constat à la plupart des espèces françaises – 105 espèces ont été étudiées, sur quelque 1 500 sites.

Vincent Devictor, de l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier et principal auteur de l’étude, reconnaît qu’il ne pensait pas trouver une telle différence (182 km). « On s’attend à ce qu’il y ait des conséquences assez graves dans le sens où il est très peu probable que toutes les espèces répondent de la même façon au réchauffement : si les oiseaux accumulent un retard face au réchauffement climatique, il y a de fortes chances qu’il ne soit pas le même pour les insectes, les plantes, les mammifères… »

Il serait intéressant de connaître la capacité d’adaptation des espèces en regardant si par le passé elles ont déjà réussi à changer de régime alimentaire. Le hic risque de venir de la vitesse du changement. Mais vraiment, je ne comprends pas que les piafs rechignent à passer du menu ratatouille aux moules-frites…

Plus il fait chaud, plus l’atmosphère est humide – puisque l’eau est vaporisée – plus le ciel, c’est-à-dire des trombes d’eau, risque [ou risqueNT ? si quelqu’un peut me dire comment on accorde ça…] de nous tomber sur la tête. Logique, non ?

Le rechauffement climatique augmente la fréquence des fortes précipitations. // photo élodie touret //

Le réchauffement climatique augmente la fréquence des fortes précipitations. // photo © élodie touret //

Des climatologues américains et britanniques viennent ainsi de confirmer le lien entre le réchauffement climatique et l’accroissement des très fortes précipitations, en comparant des modèles informatiques et les observations satellitaires. L’étude est parue jeudi dernier dans la revue Science.

Pour comprendre comment les précipitations répondaient au réchauffement du climat, les chercheurs ont étudié les changements naturels liés au courant marin chaud El Niño dans le Pacifique sud, qu’ils ont utilisé comme un laboratoire pour vérifier leurs hypothèses. En se basant deux décennies d’observation, ils ont mis en évidence un lien très clair entre l’intensité extrême des pluies tropicales et la température de l’eau, la fréquence de très fortes précipitations augmentant durant les périodes chaudes et diminuant lors des périodes froides.

Brian Soden, professeur de climatologie à l’Université de Miami, et Richard Allan, de l’Université de Reading, en Grande-Bretagne, notent, selon l’AFP, qu’un des plus grands défis auxquels fait face l’humanité est de s’adapter aux conditions météorologiques extrêmes résultant du réchauffement de la planète, et notamment à la plus grande fréquence de fortes précipitations.